de D esc/r tes. I. Partì ijjusqu’alors le désespoir de tous les Philosophes,même de ceux à qui rien ne parcîtinexpliqua-bleavec l’aide de leurs qualitez occultes. II avoirivû tout cela par lui-même, & intuitivement.
Et moi qui vous parle, pensez-vous qu a la gede soixante dix sept ans, étant d'une aussi peti-te complexion que je suis, pensez-vous, dis-je , que je fusse encore en vie ; 8 r que je con-servasse toute ma vigueur comme je fais, fi jene connoissois parfaitement la machine de moncorps ? Si je n’en rajustois de tems en teins lesressorts qui s’uscnt, & se démontent insenfible-; ment ? Non pas en me servant des remedes dela Medecine dont les conjectures font fi incer-taines , & dont M. Descartes a fi fort dissuadél'usage fréquent à la Princesse Elisabeth : mais lettres deen usant de la connoissance exacte que mon ame Descartes,a de mon corps, dont elle s’est parfaitementinstruite , & dont elle s’inslruit encore quandil lui plaît, e» se mettant dans cet état dontje viens de vous parler. 11 faut avouer, M.,re-pris-je alors, que voilà un secret admirable &infiniment utile. Je fuis dans l'impatience derapprendre de vous, & quand je le sçaurai, jeprétends le faire autant valoir , qu’Adam eûtfait l'arbre de vie dans le Paradis Terrestre, s’ily fût demeuré. Et je ne doute pas même quefi Origene Peût sçû, lui qui regardoit les histoi-res de l’Ecriture comme autant d’allegories » iln'eût crû que l’Arbre de vie n’étoit point au-tre chose, que ce secret, que Dieu avoit com-muniqué à Adam. Mais ce que vous venez deme dire de vôtre santé, me fait naître une diffi-culté. Comment M. Descartes, aïant toutesces belles connoissances, est il mort à l’âge de54 ans? Haissoit il si fort la vie, qu’il eût ne-