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lien d’abord de cet accident, & m'invita seule-ment à venir faire uii tour avec lui. Audi-tôtdit, aussi tôt fait. Avec une prise de Tabac jeme mis en état de le suivre. Mon amenefutpasplutôt hors de mon corps, qu’il me dit en lan-gage spirituel, je vais vous apprendre une étran-ge nouvelle: je n’ai plus de corps, on doit en-terrer aujourd’hui le mien à Stokliolm j 8c il me' raconta en fuite tout ce que je viens de vous dire.11 ne m'en parut pas plus triste. Je lui demandai, s’il n’expcrtmentoit point ce que disent les Phi-ílosopbes, que l’ame étant la forme substantiel-le du corps quand elle s’en voit tout de bonséparée , elle est in statu violente. 11 me ré-pondit qu’il ne sentent point cette violence ,qu’il se trouvait incomparablement mieux seul, qu’avec son co r ps : q u'r! n’avoit qu’une inquie-i rude, sçavoir en quel endroit de ces grands et1 paces il pourroir fixer íà demeure. Qu’il vou-| loit prendre mon avis là dessus, mais qu-’il sej sentoit porté à aller demeurer dans !e troisièmej ciel. Ce troisième cid, selon sa division que! M. Descartes fait du Monde , est le dernier descieux, & celui qui est le plus éloigné de nous:
: car le premier n'est point autre chose que le tour-billon, où nôtre terre le trouve placée » dont lecentre est le corps du Soleil, autourduquel lamatière celesle qui compose ce tourbillon nousenporte , 8c nous fait incessamment tourneraussi-bien que les Planètes. Le seccrnd ciel qui estincomparablement plus vaste, que celui où noussommes, comprend tout ce grand espace, oùnous votons les étoiles fixes, qui font autant deSoleils, 8c qui ont chacune leur tourbillon dontelles font le centre, ainsi que nôtre Soleil est lecentre du sien. Enfin le troisième ciel est toutecette matière, ou toute cette étendue indéfinie,B 3 qu»