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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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extravagances les plus outrée*. Socrate fit lécompliment & nous dit fort obligeamment,Qu’il voioit bien quenous étions François; nonseulement parce que nous arrivions par le cheminde France, mais encore parce qu’il reconnoif-soit dans nous le caractère & l'esprit de la na-tion ; que c’étoit le peuple le plus poli, qui fûtmaintenant fur la terre*, que quoi qu’il eût peude commerce avec nôtre Monde , il en avoitnéanmoins aslfez, pour fçavoir cette particulari-té. II nous demanda ce qui nous amenoit, 8eoù nous allions

Le Pere Mersenne prit la parole , 8c luy ré-pondit que nou* allions voir un de nos amis, quidemeutoit assez loin de-là, & que nous étionsheureux de pouvoir en passant rendre nos tres-huinbles respects à des personnes , qui avoientfait l’admiration & la gloire de l’Ántiquité , 8cdont les noms après deux mille ans étoient enco-re connus, 8e en vénération chez toutes les na-tions de la terre.

On nous croît morts en cepaïs-la, dit Socra-te; il est vrai, repartit le P. Mersenne ,& j’é-tois dans cet erreur commune. Mais voici deuxMessieurs, continua t’il , en nous montrant ,qui font encore habitans du bas monde, 8c quidétromperont les hommes fur cet article. Jen’en ferai pas fâché pour mon particulier, repar-tit il; 8c il est bon qu’on sçache que l’amed’unPhilosophe de ma sorte n'a pas attendu poursortir du monde les ordres d’une faction de Ju-ges scélérats, 8e le cris d’une populace animéepar 1 envie 8e par les turlupinades d’un matantde Comédien. Voici donc comme la chose sepassa. Connoissant la fureur & le crédit de mesennemis, je ne me vis pas plûtôt arrêté , queje quittai mon corps ; ordonnant à mon esprit

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