D E D E S C A R T E S II. P A R T.' IOZ
pbie, je vous avouerai que, depuis que je vousai quité; je fuis devenu un peu libertin en cettematière, Lc que je ne sçai pas encore trop ceqùe je fuis: je veux tAter de toutes les Sectes,avant que de me déterminer. Ainíì, Monsieur,regardez-moi comme un homme , qui vientd’un pais neutre, & qui ne forme nul mauvaisdessein contre vôtre République. 'Ces Messieurs,à la vérité font Cartésiens déclarez, mais ils fontPhilosophes Sc gens d’honneur , qui estimentles personnes de mérite du parti contraire ,& qui croient . que la liberté de conscienceen matière de Philosophie , est un droit invio-> labié parmi les honnêtes gens. Mais, lui ajoû-tai-je, je fuis extrêmement surpris des mottve-mens, Sc des inquiétudes , que l’on se donneen ce païs-ci: il n’y a point de ville Espagnoleen Flandre, qui soit si prompte à l’alarme, que lavôtre me patoît l'être. Qu’avez-vous donc tantà craindre?
Ce que nous avons tant à craindre, medit-il,c’est l’enncmi irréconciliable de nôtre Prince :c’est vôtre Descartes, qui étanr fur la terre, a faittout ce qu’il a pû., pour détruire les Péripatéti-ciens, & qui ne l’a quitée, comme nous le sça-vons de bonne part, que pour venir les ruiner ence païs-ci. 11 y a plus de trente ans, qu’on y faiti une garde tres exacte, pour 4’être point surpris,fur ce qu’on nous a assuré, que depuis cetemslà,il se fait des partisans de tous cotez , & amasse; autant de forces qu’il peut, pour nous venir in-sulter. C’est l’avis, que nous avons reçu par un■ professeur de Philosophie Hollandais, qui est; venu s’habituer ici, & qui y commande actuelle-! nient en i’absence d’Aristcte. Mais Oescartes; n’a qu’à venir, vous voiez bien, qu’on est tout. prêt à le bien recevoir,
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