DE 0Es:*RTIS. II. P AR "T. ICflaurieurs par la victoire, foulant aux pieds dessceptres, iks couronnes, des boucliers, des ar-*mes brisées. & les trésors de l'Asie. Quatregrandes statues enchaînées aux quatre coins,re-présentent les principales nations , qu’Alexan-dre a subjuguées. Je trouvai ce monument sisemblable à celui de la Place des Victoires, quej’aurois cru que celai-ci n’éroit qu'une copie del’autre, fi je n'a rois fait en même tems reflé-xion , que la ressemblance des deux Héros tzour-roit aisément avoir fait naître les mêmes idéesdans l'csprit des deux entrepreneurs. Toutes lesfigures du monument, auÔì bien que les autresstatues, que l'on voit en divers endroits du jar-din , comme celles de Philippe , d’Olympiasj& de plusieurs autres personnes illustres, quihonorèrent autrefois Aristote de leur amitié ,font d’argent : car l’argent est fort commun aug>obe de la Lune ; & c’est apparemment pourcela que les Chymistes toûjours mystérieux dansleurs paroles , appelent ce métal du nom deLune.
Aprés que nous eûmes été quelque tems àconsidérer ce beau monument, nous fûmes sur-pris de voir sortir tout d’un coup des quatre an-gles du pied d'estail, quatre beaux jets d’eau,les plus gros, & les plus hautesqu’on vit jamais:ils a voient pour le moins quatre cens toises dehauteur, & venoient d’une rivière , qui fe trou-voit derriere une montagne voisine, plus hauteencore que le Puits de Domme en Auvergne,fur laquelle on avoit fait monter l’eau par le íë-cret admirable de l'ancienne Philosophie, qui.en supposant l'horreur du vuide dans la nature ,apprenois à élever l’eau à l’infini, avec des pom-pes aspirantes, sécret qui s’est malheureusementperdu dans nôtre Monde : car depuis le tems de