de D esc art es. II. Part. 143Ceci me fait ressouvenir d’une petite instanceassez íubtile en cette matière! que vous sit au-trefois M. More Gentilhomme Anglois, quivous a tant donné d’encens dans ses lettres, juf-qu’à vous appliquer cequ’Horace dit d’Homére:S}ui nil molnur intpte. il vous propofoit cettequestion. Si Dieu détruisoit le Monde, & leproduisoit un peu aptes , ne pourroit-on pasdire .qu’il y auroit eu, ou du moins que nous con-cevons, qu’il y auroit eu quelque intervalle en-tre la destruction & la reproduction du Monde,quoiqu’il n’y eût eu rien de réel entre deux ?D’où il prétendoit conclure , qu’on pourroitdire aussi, que dans une chambre où nous nousim iginerions , que Dieu détruirait tous les corps,qui font entre les murailles, il y auroit de la lon-gueur, de la largeur & de la profondeur, en unmot de réreirduë, quoi qu’il n'y eût en effet riende réel. 11 croioit vous embarasser, supposant,que vous lui accorderiez sa première proposition,dont il semble, qu’on ne puisse pas douter:mais je crois qu’il se trouva bien attrapé, quandvous lui niâtes, que nous puissions concevoirdans Ion hypothèse quelque durée & quelque in-tervalle . entre la destruction, & la nouvelleproduction du Monde.
L’Auteur d'une lettre écrite, il y a quelques an-nées à un Philosophe Cartésien, divertit assezagréablement les Lecteurs fur cet article de vôtrePhilosophie , par diverses hypothèses fort jo-lies, qu’il propose. Mais, comme je n’aimebas à badiner, 8c qu’un Philosophe de mon ca-ractère doit être sérieux, pour vous engager àvous reprocher de nous, je ne veux me servirque de vos propres Principes. Je sáis l’hypothé-sc ordinaire, où l’on suppose, que Dieu détrui-se tout i’air d’une chambre, sans y laisser entrer.
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