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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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DE Descartis. II. PartT 147

montrer, que les Cartésiens n etoient pas assezéquitables fur ce chapitre. Car, difoit-il, lorsque vous enseignez , que l’ame est placée dans laglande pinéale , ou vous prétendez, qu’elle oc-cupe toute l'étenduë de cette glande, ou qu’elleen occupe feulement une partie indivisible. Sielle occupe toute l’étenduë de la glande, ellemême donc est étenduë : car cette conséquen-ce est toute semblable à celle, que vous tirezcontre les Philosophes qui disent, que l’ame estrépandue dans tout le corps. Si elle n’en oefu-pe qu’une partie indivisible, il peut donc y avoirquelque partie de la matière, qui soit indivisible& non étenduë; & ainsi en admettant cette dis-jonctive, vous donnez à l’ame une propriété,que vous ne reconnoissez, que dans la matiè-re , ou bien vous accordez à la matière un at-tribut, que vous lui réfutez en toute autre oc-casion , 8c que vous prétendez lelon vos Prin-cipes, de quelque maniéré qu’on l’entende,n’étre propre que de l’ame spirituelle. Outreque tout les nerfs, ou les raïonnemerrs des es-prits, qui iòrtent de la glande pinéale, ou quiy entrent ne peuvent pas partir d’un mêmepoint indivisible de la glande, ni y venir abou-tir ; 8c ainsi .si l’ame n'étoii que dans un pointindivisible de cette glande, eile ne pourroitpasy apercevoir tous les objets. Que ft vous répon-dez que l’ame n’est pas dans la glande, com-me un corps est dans un autre corps,ou commeun corps est dans un lieu: que l’ame, en qualitéd’efprit, n’est dans cette glande , que parcequ’elle y agit, qu’elle y penie, qu’elle y veut,qu’elle y aperçoit les objets, & que comme lesdifférentes impressions des objets se terminentà divers points de la glande où elles les aperçoit,on peut dire, que l’ame est dans toute laG a glau-