Ï74 Voiage du Monde
Alori mon vieillard lui fit un signe, queje necompris pas à ce moment, 8t dont je nesçùslefin que dans la fuite. C’cn est aster, ,dit M. Des:cartes, parlons maintenant d'autres choses. Di-res moi, je vous prie, des nouvelles de la Phi-'losophie de vôtre Monde, si vous en sçavez:car depuis plusieurs années, je ne sçai guèrescomment tout s’y passe; tant parce que dès quej’eûs quitté mon corps , je trouvai dans moi unfort grand fond d’indifference pour les sentimensdes hommes, que parce que Monsieur, quevoilà, qui est Punique personne que j’aie viier 1quelquefois depuis, s’étant retiré en Province,il y a plusieurs années, n’a pû sçavoir les parti-cularités des affaires, qui regardoient le Carté-sianisme , & se contentoit d'aprendre, & dem’assûrer de tems en tems, que ma Philosophiecontiniioit da voir toûjours, 8c beaucoup de par-,t isatis, 8c beaucoup d’a dverf aires.
Je ne fuis gueies plus instruit, lui répondis-jefur les astàires de votre Seéle, n’aiant commen-cé à prendre intérêt à ce qui la regarde, quedepuis quelques jours, que j’ai l’honneur de con-noître Monsieur : je vous dirai cependant toutce quej'en puis sçavoir, 8c ce qui est venu à maconnoissance , sans que je me misse beaucoup jen peine de m’en informer. Votre Philosophie, :comme vous sçavez, a eu d’abord les avantages8c les désavantagés de la nouveauté, 8c elle aexpérimenté la fortune de toutes les Doctrinesnouvelles. Plusieurs particuliers Pont reçûë avecadmiration, 8c soutenue avec ardeur. Elle atrouvé des patrons 8c des protecteurs rccom-mandables par leur esprit, par leur capacité, 8cpar leur politesse : mais presque tous les Corps8c toutes les Universitex Pont rejettée, 8r sesont déclarez contre. Chacun agissoit cn cela,
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