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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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be Descartes. III. Part: 14j

il commençoit à se refroidir ; & au contraire ,

. si aïant vû la manière nette , naturelle , intelli-gible, dont M. Descartes expliquoit la naturede la fluidité, & les propriétés des corps fluides! par le mouvement des parties inlensibles de cescorps, ( mouvement , que la feule dissolutiondes sels par l’eau commune, 8: des métaux parles eaux fortes, démontroit évidemment , ) ilslie s’étoient pas du moins convertis fur cetarti»

! c!e. La plûpart me répondirent que dans la per-suasion où ils étoient, qu’on ne pouvoit se pas-ser de qualitez absolues pour l’explication dequantité de Phénomènes, celle qu'ils aban lon-neroient le plus volontiers leroit la fluidité , 8cj qu’ainsi ils ne voudroient pas trop me chicanerla dessus.

I Cela suppose", leur dis-je Messieurs, vous se-i rez bientôt iatis-faits , ou plus embaraflez queM, Descartes: car enfin dans votre système, leMonde est plein, 8c il n’y a point du tout de1 vuide, le mouvement néanmoins, s'y fait, 8cs'y continué'; les parties sensibles 8c insensiblesdes corps s’y remuent, fans que leur dureté 8eleur impénétrabilité les en empêchent. Pour-quoi la matière de M. Descartes, qui n’est pas-plus impénétrable que la votre, ne pourra t’ellepas jouir dumémeprivi'ège? Pourquoi son mou-vement fera t’il plus impossible ? Vous 8c noussupposons la même chose, 8c nous n’avons plus' qu'à nous soutenir contre les Epicuriens , qui| prétendent démontrer par le mouvement la \né-1 cessité de leurs petits vuides insensibles semez{ dans tous les corps. Leur prétendue démonstra-j tion se réduit à ceci. Afin qu’un cor[S se remue ,t il saut qu'il en fasle sortir un autre de sa place :

| cet autre n'en peut pas sortir, parce qu’il n’a pas| où aller, û tout est plein. Donc le mouvement' L 3 le-