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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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246 V0IA6EDUM0NDEsera impossible, s’il n’y a pas de vuide. Au con-traire , s’il y a du vuide dans les corps, ils sepeuvent comprimer, & par conséquent ceder àceux qui les poussent; & ainsi le mouvement sefera. C'est jlà un pur sophisme , dont vous &nous donnerons la solution disant'seulementauxEpicuriens, que pour concevoir comment lemouvement se peut faire sans vuide,il n’yaqu’àcomprendre, que jamais un corps ne se remuétout seuh mais que dans le même instant, qu’uncorps quitte fa place, il en pousse un autre qui laprend i 6c que dés là que je conçois, qu’un corpspeut dans le même instant prendre la place quel'autre quitte, je conçois parfaitement le mou-vement , car c'est là tout le mystère.

Mes Péripatéticiens me parurent surpris deme voir tirer fi promptement une conclusion sinette du principe, qu’ils m’avoient si libérale-ment accordé, 6c se repentirent sans doute deleur condescendance: mais je continuai en leurdisant, que je ne prétendoispas me prévaloir deJ'avantage, qu’ils m’avoient donné, quoi qu'ilrne l’enssent fait que forcer par l’évidence de lavérité; que je ne voulois pas, qu’ils me repro-chassent, comme ils faisqient peut-être déja dansleur cœur, d'avoir usé de surprise, & abusé deleur facilité, pour les faire tomber dans le piè- ]ge ; & qu’enfin j’entreprenois de leur rendre au jmoins probable dans leurs propres principes lavérité que je défendois.

On a dis-je , Messieurs, dans le sujet, dontils’agit, des préjugés, qui viennent plus de l’i-magination , que de la raison: on s’imaginepremièrement, qu’un corps, qu’on seréprésenteau milieu de la matière du Monde, est beau-coup plus pressé, si on suppose cette matière du-re , qu’il ne seroit, si on la supposoit fluide r

ce-