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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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;S4 Voiaoe » » Monde

ceux de nos jambes quand nous marchons, dela bouche , de la langue^ des poumons quandnous parlons , de nos bras , de nos yeux quandnous déclamons , dépendent encore , au moinsen partie, de la disposition de la machine; puis-qu’une humeur,qui fe sera jettée sur un muscle,une seule obdruction suffit pour empêcher ceuxqu'on appelle Paralytiques, de marcher, de re-muer les bras, de parler.

En un mot , je vous accorde que la disposi-tion de la machine contribue au moins toujoursà quelque mouvemens que ce soit, qui se fassedans nos corps & dans ceux des bêtes. Mais jedis en même tems qu’en raisonnant sur deuxconnoissances , qui feules nous peuvent guideren cette matière ; c’est à dire en raisonnant surce que nous expérimentons en nous-mêmes, &fur ce que nous connoissons des bêtes , rien nenous doit faire raisonnablement penser, qu’ellessoient de pures machines , dont tout les mouve-mens se réduisent à a seule méchanique; & queplusieurs raisons tres-fortes doivent nous fairepenser le contraire.

J’expoíë cette proposition generale par quatreou cinq plus particulières, que je développeraien peu de mots , & le plus brièvement que jepourrai. J’y en ajouterai une sixième , c’est àfcavòir que certaines questions que les Cartésiensont coûtume de faire aux Péripatéticiens fur cechapitre , 8c ausquelles ils prétendent que cesPhilosophes ne peuvent répondre dans leurs prin-*cipes , ne font pas plus difficiles a résoudre qued’autres , que les Péripatéticiens peuvent faireaux Cartésiens fur le même sujet. Si j’éxécutebien tout cela , il me semble que ni les autresPéripatéticiens ni moi , nous n'aurons nulleobligation de renoncer au préjugé général de rou-le»