Zi6 Voiage du Mondetant par la salive , que leu,s mouvemens ex-priment des petites g andes dont ma bouche eltpleine. II n’y a que l’impresIìon , dont il s’a-git , de laquelle je n'ai pas le moindre senti-ment , dans une disposition où mon corps ,selon les principes Cartésiens, devroit être em-porté. Impression si forte , qu’elle peut entraî-ner . & qu’elle entraîne en effet, comme vousle dites , une machine aussi pesante qu’un che-val avec une piéce d’attillerie , ou une charettepleine de bois à laquelle il est attelé.
Mais que vous seriez heureux , Monsieur ,& que vous seriez valoir voá belles idées , si kshommes communément se trouvant dans ladisposition, où je viens de supposer mon corps,cxpéritnentoient en présence du pain quelquechoie de semblable à ce qui arrive , quand onapproche tout à coup un charbon de feu de lamain d’un homme qui ne s’y attend point. 11la retire fans délibérer. Voyez , ont dit tantde fois vos auteurs , comme en cette occasionla présence de l'objet , lans attendre le com-mandement de l’ame . fait ouvrir les pores ducerveau , par où passent incessamment les es-prits animaux , pour aller aussi tôt enfler lemuscle qui sert à retirer promptemeur le bras.Mais parce qu’il ne se fait rien d'approchantdans l'autre cas que je vous propose, cét exem-ple , qui ne prouve rien où vous rappliquez , ià cause qu’il y a toujours du sentiment qui pré-cédé le mouvement du bras , ne sert qu’à vousConfondre, & à montrer la fausseté de vos hy-pothèses dans la question dont nous parlonsmaintenant'
Car pourquoi le pain , quand j'ay faim , nefait-il pas remuer mon corps comme le feu ?p/sifque l’un & l’autre doivent avoir cet esset
fur