34Î Voiage du Monde
esprits qui servent à donner à sa langue un telmouvement; &c c'est tout juste celui qui est re-quis pour produire telles paroles, que nous ap-pelions réponse & réplique à ce qui lui a été dit.Cette maniéré donc de parler d’une machine est,dis-je , une détermination pour l’autre à parlerde cette autre maniéré; comme î’arrivée de l’a-beille qui revient chargée à la ruche, est une déter-mination pour une autre abeille quelle trouve enentrant, à se charger de ce qu’eiìe apporte, & àle transporter dans 1 intérieur de la ruche. Je neconçois plus qu’il y air rien davantage dans l’unque dans l’autre.
Mais y eut-il en effet quelque choie davan-tage: il n'y auroit encore un coup de différenceque du plus ou du moins. Et que fait ce plus& ce moins, quand on suppose fauteur desdeuxespèces de machines infiniment puissant, d’uneconnoiffance infinie, qui en un instant conçoitnon seulement des combinaisons infinies de res-sorts , de mouvemens, de déterminations demouvemens, mais qui en conçoit une infinitéd’infinitez? Examinons bien icy toutes choiesselon les Principes de la Philosophie Cartésien-ne, 8c nous verrons qu’il doit y avoir une bienplus grande différence entre la machine d'unverde terre 8c celle des abeilles, afin qu'elles puis-sent faire entr’elles tout ce que nous y admirons,qu’il n’y en devroit avoir entre les machines desabeilles 8c celles des hommes, pour faire pro-duire à ceux-cy par les loix de la Méchaniquecet arrangement de sons & de paroles que nousappelions discours suivi.
Je croy que, si les Cartésiens pouvoient ex-pliquer aussi plausiblement leurs paradoxes tou-chant lesbêtes, que je viens de montrer parleursprincipes la ressemblance qu’il y a fur cet article
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