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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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j5i Voi ag e du Monde

Philosophes s’étoient pour la plupart trompéesjusqu’alors, croiant produire en elles-mêmes lesidées des choses ? quoique , si nous en croionsles Cartésiens, elles ne fassent autre chose que derecevoir ces idées immédiatement de Dieu ,comme le corps reçoit la figure. Comment el-le ne peut pas décider par elle-même la disputequi a été si long-tems entre le Pere Malbranche& monsieur Arnauld, sçavoir it les pensées sontde pures modalitez , ou fi l’ame voit tous lesobjets dans Dieu intimement uni à nôtre esprit,llell certain que de deux choses l'une.ou qu'el-le reçoit purement, ou quelle produit les idées.Cependant elle ne sçait lequel des deux , &puis qu'elle ignore des choses qui sont si intimesà fa suhstance , & puisque Dieu veut 8c faitqu’elle les ignore ; pourquoi ne pourroit-ellepas rémuër le corps fans le sçavoir, & fans com-prendre comment elle le fait ? Que dis je , fansle sçavoir; elle l'a toujours sçû , ou du moinselle l’a toûjours crû , 8c avant la PhilosophieCartésienne , elle étoit aussi sûre que c’étoit-elle qui remuoit ses jambes & ses bras , qu’elleétoit sûre qu’elle pensoit. Voilà dequoi exer-cer la/ubtilité des Cartésiens, & de belles ma-tières de dissertations,

Les Cartésiens demandent encore si l’ame del’animal est matière , ou esprit í Les Péripatéti-ciens répondent qu’elle n’est ni l’un ni l’autre :que c’est une espèce d’être à qui on donne lenom de matériel, non point que ce soit de lamatière, mais parce que ce n’est point un esprit.C’est un être mitoyen entre les deux , qui nesera pas capable de raisonnement ni de pensée ,mais feulement de perception 8c de sensation ;c’est à dire, d’une impression des objets corpo-rels pareille à celle que nous expérimentons ,

lors