be Descartes. V. Part. Z5I
qu’à enseigner , comme ont fait quelques-un*d’entr’eux, que le flux & le reflux de la mer ,où l’on imagine tant de fineílè , se fait par lemoyen d’un Ange , qui en balançant le globede la terre, fait aller les eaux tantôt d’un côté,& tantôt d’un autre.
Mais revenons à notre question. Si les Pé-ripatéticiens s’avifoient de vous dire que l’amede l’homme remue fou corps par ellc-même ,mais d une maniéré que ni eux ni personne ncpeuvent expliquer, 8c qu’il en est à proportionde l’ame de la bê:e : Cela vous feroit pitié ,Moniteur, & il n'y a point du petit Cartésien,qui ne prît de là occasion de railler ces bonsPhilosophes, qui admettent des choses qu’ils nesçauroient ni expliquer , ni concevoir. Maispeut-être ces bons Philosophes riroient-iìs à leurtour, quand ils prieroient les Cartésiens de leurrépondre fur deux ou trois articles.
Premierement , comment l’ame d’un passimétant dans son corps, elle ne fçait pas en quelendroit elle a son liège , & comment les âmesde tous les hommes, qui ont vécu depuis Adamjusqu’à Descartes , ont ignoré qu’elles fussentplacées dans la glande pinéale du cerveau ducorps qu’elles animoient.
Secondement, l’ame étant une substance quipense, dont l’essence consiste à penser , & quipar conséquent pense toujours, pourquoi on nesçauroit persuader à une infinité de personnesque leur ame pense toujours . & qu'eUe cesse*roit d’être , si elle cessoit de penser.
En trosiéme lieu , comment cette ame tost*jours pensante ne sçavoit pas avant que Des-cartes le lui eút appris , non seulement qu’ellepensoit toûjours , mais même comment ellejpensoit. Comment les âmes des plus subtils
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