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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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356 Voue e du Monde j

ce paisan a une idée fort claire 8e fort distinctede cette montre.» On ne peut pas en avoir uneplus générale & plus confuse, Mais un horloger'qui connoît toutes les pièces dont élle est com-iposée, qui sçait leur arrangement, leur usage,ladépendance qu’elles ont les unes des autres Ivoilà ce qui s’appelle avoir une idée distincte D& c'est en vertu de la clarté de cette idée qu’ii rendraison de tous les mouvemens qu’on apperçoitdans cette machine, de cette espèce de battementcontinuel qu’on entend ; pourquoi elle sonnepourquoi elle s’arrête quelquefois, pourquoi onla monte de tems en tems, comment l’aiguilese remué insensiblement, & marque les heures fià propos. . * j

Jamais, Monsieur, comparaison ne fut plusjuste que celle cy. C’est presque la chase mêmeJQuand vous nous parlez de la machine d’unchien, que nous apprenez-vous , 8r qu en íça-^vez vous? A peu prés autant que le Païsan ensçait de la montre, 8c qu’il en apprendroit auxgens de son village , qui n’auroit jamais vstd’horloge. Un chien , dites vous , c'est unemachine, qui se remue par le moyen des mus-^clés Le des esprits animaux. Est-ce là tout ce’que vous avez à nous dire ? Le Païlan croit , anon pas par raison , mais fur l'autorité de celui"qui lui parle, que ce ne sont que des ressortsqui font sonner l’horloge. Sans cela , il s'ima-gineroit qu’il y a un trou à la muraille contrelaquelle il la voit attachée , 8c que par ce trouquelqu'un avec un marteau vient fraper fur letimbre.

Quelque estime que j’aye pour vous , Mon-sieur, je ne me sens par assez de docilité pourvous en croire ainsi fur vôtre parole. Mais j’en-tens raison : Parlez moi un peu comme l'hor-

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