C O N NO I SS A N C E D E S BlSTEsi IJsuposé celle du cheval dont je viens de parler,&(!es corpuscules du pain m'entrant par les na-rines pour aller frapper mon cerveau, ouvrir cer-tains passades, & donner un certain cours auxesprits animaux ; la machine démon corps, dis-je. doit marcher aussi nécessairement & d’elle-même vers ce pain que le cheval marche versl’avoine. Or l’experience est contraire à l’égardde mon corps. Doue il est faux aussi qu’un sem-blable mouvement doive se faire dans celui ducheval. Car là où se trouvent les mêmes prin-cipes du mouvement, les mêmes déterminations& les mêmes dispositions, le même mouvementdoit suivre: Or dans les circonstances, où j aisupposé mon corps tout cela se rencontre : & ce-pendant le mouvement ne se fait point. 11 fautdonc dire que ces principes prétendus des mou-vemens spontanées des bêtes n’en font point lesvéritables causes; puis qu'entre mon corps & ce-lui des betes à cet égard, il ríj à nulle diffe-rence.
Si ce raisonnement n’avoit rien de faux. iln’en faudroit pas davantage pour renverser toutela doctrine Cartésienne par les principes les pluscertains des Mécaniques. II est donc à proposde l’examiner avec toute l’éxactitude possible.Tout consiste ici à voir, si effectivement tout estégal de part 8e d’autre , 8es’il n'y a rien de par-ticulier dans mon corps, qui doive empêcher cemouvement, lequel n’est point empêché danscelui de ranimai.
En ne considérant que les objets, je veuxdire l’avoine & le pain ,1a proportion que le pre-mier a avec la disposition de cheval & celle quele second a avec la machine de mon corps, 8cl’impression que ces deux objets font fur ces deuxmachines ; tout est si semblable, que selon les
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