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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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10 Preuves de la

petites glandes dont ma bouche est pleine! 11u’y a que l’impression ,dont il s’agit, de laquel->Ie je n’ay pas le moindre sentiment, dans unedisposition où mon corps , selon les principes ,Cartésiens, devroit être emporté. Impression siforte, quelle peut entraîner, & quelle entraî-ne en effet,comme vous le dites, une machineaussi pesante qu'un cheval avec une piéce d’artil-lerie, ou une charette pleine de Upis à laquelle

11 est attelé.

Mais que voui feriez heureux, Monsieur, 8cque vous feriez valoir voi belles idées , si leshommes communément se trouvant dans la dis-positions , où je viens de supposer mon corps,expérimentoient en présence du pain quelquechose de semblable à ce qui arrive quand onapproche tout à coup un charbon de feu de lamain d'un homme. II la retire sans délibérer.Voyez , ont dit tant de fois vos.Auteurs, com-me en cette occaíion la présence de l’objet ,fans attendre le commandement de l’ame , faitouvrir les pores du cerveau,par où paflent inces-samment les esprits animaux . pâ aller aussi-tôt enfler le muscle qui sert à retirer prompte-ment le bras. Mais parce qu’i! nc íe fait ici rien [d’approchant, cét exemple, qui ne prouve rienoù vous l’appliquez , à cause qu'ìl y a toûjoursdu sentiment qui précédé , ou qui accompagne lemouvement du bras, ne (ert qu'a vous confon-dre 8c à montrer la fausseté de vos hypotèiésdans la question dont nous parlons mainte-nant-

Car pourquoi le pain, quand j’ay faim , nefait-il pas remuer mon corps comme le feu;puisque l’un & i'autre ont cet effet sur la machi-ne de l’animal, 8c par les mêmes raisons, 8c par

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