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de tous les hommes, qui ont vécu depuis Adamjusqu'à Descartes ont ignoré qu'elles tussent pla-cées dans la glande pinéale du cerveau du corps íqu’elles animaient.
Secondement , l'ame étant une substance quipense , dont l’eíTence consiste à penser , & quipar conséquent pense toujours, pourquoi on ne 'fçiuroit persuader à une infinité de personnes queleur ame pense toujours, & qu’elle cesscroit d’êtrelì elle cessoit de penser.
En .troisième lieu , comment cette ame tou-ijours pensante ne sçavoit pas avant que Descar-tes le luy eût appris,non feulement qu’elle pen-sait toujours, mais même comment elle p en soit.Comment les âmes des plus subti's Philosophe*s’étoicnt pourlaplûpart trompée* jusqu’alors, cro-yant produire en elles-mêmes les idées des cho-ses; quoyque, si nous en croyons les Cartésiens,elles ne faslènt autres chose que de recevoir ce*idées immédiatement de Dieu, comme le corpsreçoit la figure. Comment ne peut-elle pas dé-cider par elle-même la dispute qui a été si long-teras entre le Pere Malbranche & Monsieur Ar-naud , sçavoir si les pensées sont de pures moda-lités , on si lame voit tous les objets dans Dieuintimement uni à nôtre esprit? II est certain quede deux choses l’une ; ou elle reçoit purement,ou elle produit les idées. Cependant elle nesçait lequel des deux, fk puis qu’elle ignore deschoses qui font si intimes à fa substance,& puis-que Dieu veut & fait qu’elle les ignore; pourquoine pourroit- elle pas remuer le corps fans lesçavoir , 8c sans comprendre comment elle lefait. Que dis-je f fan* le sçavoir. Elle l'a tou-jurs sçû , ou du moins elle l'a toujours crû , &avant la Philosophie Cartésienne, elle étoit ausli