Connoissance des B e s t e s. 5fsûre que c’étoit elle qui remuoit ses jambes Scses bras, qu’elle étoit sure qu’elle pensoir. Voilade quoy exercer la/ubtilité des Cartésiens, & debelles matières de dissertations.
Les Cartésiens demandent encore si l'ame del'anirr.al est matière, ou esprit? Les Péripaté-ciens répondent qu’elle n’est ni l’un ni l’autre:que c’est une espèce d’être à qui on donne lenom de matériel, non point que ce soit de lamatière, niais parce que ce n’est point un esprit.C’est un être mitoien entre les deux, qui ne íerapas capable de raisonnement ni de pensée, «taisseulement de perception 8 c de sensation; c’est àdire, d’une impression des objets corporels pareil-le à celle que nous expérimentons lors que toutà coup l’on nous pique ou l’on nous brûle. L’ts-prit, disent les Cartésiens, est une substance quipense, qui raisonne. L'ame de la bête, dirontles Pé'ipatéticiens, est une substance qui a dessensations, ou des connoissances fans penser, 8 csans raisonner.
Mais, dira-ton, la sensation ou 1» connoiAiince sensitive est une pensée. Je fçai bien queles Cartésiens le disent , íc renferment l’un dansl’autre, comme une espèce dans son genre. Maisje demande par quel droit? Ce que tout le mon-de dans l’usage ordinaire appelle penser 8 e raison-ner en nous, est visiblement diffèrent de ce quetout le monde dans le même usage appelle sen-sation ou connoissance sensitive. Voir du feu ,sentir du feu. 8 c penser à du feu, sont des cho-ses rrès-differentes, & par conséquent très-sépa-rables les unes des autres. Le premier & le se-iecond conviendront à l’ame de la bête, 8 c lele troisième ne lui conviendra pas. La défini-tion de l’ame de la bête , uni substanct cafubitC 4 ât