202 TRAITÉ DE G nES . OPÉRATIONS MIL1T.
l’opération la plus avantageuse et la plus sûrequi se soit jamais présentée à la guerre.
L’idée d’envoyer le général Erskine avec septbataillons là où devait marcher toute l’armée,prouve combien les faiseurs de projets, dansl’armée alliée, avaient le coup-d’œil rétréci. Ilsont toujours fait la guerre aux places, aux riviè-res et aux camps, sans vouloir juger qu’il fautcommencer par la faire aux corps organisés;quand ceux-ci sont battus, dispersés ou enlevés,les conquêtes sont faciles et rapides.
Loin d’opérer un effort décisif, sur les trou-pes compromises de Souham et de Moreau,nous avons vu comment Clairfayt les attaquaisolément le 30 avril. Il renouvella ses tentati-ves le 10 et \ i mai avec son corps seul, quoi-qu’il ne fut qu'à 5 ou 6 lieues du duc dTorck:C’était envoyer des braves gens à la boucherie,et si la position des Français leur eut permis depoursuivre Clairfayt, sans crainte de s’engagerimprudemment sur Bruges , ce corps eut étédétruit.
Je ne m’étendrai pas sur l'affaire singulière deTurcoing. Tout ce que l’on peut dire de plusfort, contre les combinaisons, et l’exécutionde cette bataille, *du côté des alliés, c’est de lesprésenter telles quelles lurent. On chercheraitvainement dans l’histoire rien de plus mal concerté.