264 TRAITE DE G DES . OPERATIONS MILIT.
Le principe fondamental, par l’applicationduquel toutes les combinaisons sont bonnes,' etsans lequel elles sont toutes vicieuses, consisteà opérer , avec la plus grande masse de sesforces, un effort combiné sur le point décisif.
On comprendra bien qu’un général habile,avec soixante mille hommes, peut en battrecent mille, s’il parvient à mettre cinquante millehommes en action sur une seule partie de laligne ennemie. La supériorité du nombre de-vient, en pareil cas, plus nuisible qu’avantageuse ;car elle ne peut qu’augmenter le désordre.
Les moyens d’appliquer cette grande maximene sont pas très nombreux; il suffit de lire lesopérations de Napoléon et de Frédéric pours’en faire une idée exacte. Je vais essayer deles indiquer tous.
1. Le premier moyen est de prendre l’initia-tive des mouvemens. Le général qui réussit àmettre cet avantage de son côté, est maîtred’employer ses forces là où il juge convenablede les porter; celui au contraire qui attend l’en-nemi, ne peut être maître d’aucune combinaison,puisqu’il subordonne ses mouvemens à ceux deson adversaire, et qu'il n’est plus à temps d’ar-têter ceux-ci, lorsqu'ils sont en pleine exécution.Le général qui prend l’initiative sait ce qu’il vafaire; il cache sa marche, surprend et accable