iv Discours
semblage immense de ces mondes roulantsavec lesquels il parcourt si rapidement lesdéserts de fefpace. S’il étoit un point où ilpût se placer, & duquel il embrassât & réu-nît sous ses regards la surface du globe, ilverroit le Commerce , semblable à un Dieubienfaisant, pourvoir la terre , lancer surles mers ces magasins flottants qui parois-sien t dans les Contrées les plus opposées endes temps convenus, comme les faisons si-delles à ramener tous les ans ces fruits nour-riciers , dont la sage Nature a dispersé lesefpeces dans les différents Pays, pour mul-tiplier par les besoins mutuels les liens de laSociété. On la verroit occuper une prodi-gieuse quantité d’Artistes, qui ignorent ce quedevient l’œuvre de leurs mains, satisfaits derecevoir en échange de quoi pourvoir àd’autres nécessités. Mais pour arriver à cepoint de faire circuler les jouissances dansles quatre parties du Globe, il a fallu quetoutes les nations y concourussent, & lecommerce leur a prescrit quelle espèce derichesse il en attendoit. Pour les répartiravec équité, il invente des signes, à la