i68 Essais
neaux qui auroient la moitié de la capacitédes hauts fourneaux des forges de fer, soit enAllemagne, soit en France, feroient très-pro-pres à fondre la mine de cuivre, & donne-roient au moins une matte aussi pure que cellequi sort des fourneaux à manche. Quant auplomb, il pourroit y souffrir quelque altéra-tion. Mais on le fonderoit avec plus d’écono-mie dans des fourneaux qui auroient le dou-ble de capacité ordinaire ; c’est-à-dire quatrepieds en quarté. Voici une expérience quenous avons répétée. Nous avons allumé deuxfourneaux à manches à la fois. Le fourneauA étoit monté comme à l’ordinaire ; il y avoitdeux pieds trois pouces depuis la tuyere juf-qu’à la firvente. Le fourneau B étoit motfféde la même façon pour l’éléva'tion, & la di-rection de la tuyere ; mais la firvente étoit seu-lement à quinze pouces de la tuyere ; ce quifaifoit que la capacité intérieure du fourneauétoit de seize pouces en quarré. Ces deuxfourneaux ainsi disposés, allumés à la mêmeheure avec des soufflets d’égale grandeur, char-gés du même charbon, ont fondu la mêmequantité de mines, donné le même produit enplomb, avec cette différence essentielle que lefourneau B a consommé la moitié moins decharbon que le fourneau A.