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4°. Si on est parvenu à avoir une bonnecoupelle, on la chauffe. Cette opération durequatorze heures au moins. II faut commencerpar un petit feu presque insensible , & le gra-duer jusqu’à ce qu’elle soit rouge. Un ou deuxpetits fagots de trop, peuvent la faire fendre;ce qui, en terme de f Art, s’appelle Y étonner.Lorfqu’elle est prête, on introduit quelquesbarres de plomb qui fe fond doucement, &l’on continue jufqu’à ce qu’elle soit pleine.On donne le vent, le feu ; l’opêration com-mence, c’est-à-dire que le plomb changé enverre, coule ; c’est la litarge.
5°. L’Art de l’Affineur consiste à entretenirune égale proportion entre la quantité de li-targe qui sort, & le plomb qui la remplace.Le canal par où passe cette litarge, s’use, seronge; l’Affineur doit y veiller, le couvrirperpétuellement d’un peu de cendres qui sertd’aliment au ruisseau de feu qui coule fanscesse. On appelle le plomb fondu, le bain : s’ily a trop de feu, il bouillonne; s’il y en a troppeu,il se fige, la litarge ne coule pas. Le feuse renouvelle de cinq minutes en cinq minu-tes. Le moment qui précede celui où on metle bois, la flamme est basse ; celui qui fuit lemoment où le bois s’enflamme, produit unepetite révolution. Si l’Affineur n’y fait pas