PRÉFACE.
IX
des observations propres à nous faire connaître l’espritdominant d'une époque, c’est que je suis profondé-ment pénétré de la nécessité de rattacher sans cesse lemouvement scientifique au mouvement général de lasociété. L’un est aussi inséparable de l’autre, qu’il estimpossible d’isoler l’homme du milieu dans lequel ilest appelé à vivre.
L’histoire des sciences en général, telle que je lacomprends, n’est pas une aride nomenclature de faitset de noms propres, ni encore moins une polémiqueirritante sur des questions de priorité. Il y a là un inté-rêt bien autrement élevé. L’histoire des sciences nousindique, mieux quêtons les raisonnements, le fil con-ducteur des grands événements qui impriment à l’in-dustrie, aux arts et au commerce une direction nou-velle, et qui, par cela même, changent souvent la facede la société. L’histoire des sciences déroule devantnos yeux,—sublime spectacle!—les différentes phasesque l’intelligence humaine parcourt dans son dévelop-pement, suivant des lois éternelles.
Les historiens et les philosophes pourraient puiserdes leçons utiles et profitables dans l’histoire dessciences et des arts. Les premiers, qui négligent d’or-dinaire cette étude qui leur serait si nécessaire, ne fe-raient plus des ouvrages tronqués et imparfaits ; lesphilosophes rabattraient de leur dogmatisme orgueil-