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HISTOIRE PE LA CHIMIE.
DEUXIÈME SECTION.
DE 640 AVANT J. C. AO III e SIÈCLE APRÈS J. C. (ÉCOLE D’ALEXANDRIE).
IV.
GRECS. — ROMAINS.
Les Grecs se sont particulièrement distingués des autres peu-ples par une grande puissance généralisatrice, propre à formulerdes théories ingénieuses, dont quelques-unes nous étonnent encoreaujourd'hui par leur hardiesse et leur vérité. Comme tous les es-prits qui se plaisent dans les hauteurs de l'abstraction, ils dédai-gnaient de descendre dans les détails de la pratique, et d'interrogerles faits, afin de s’assurer s’ils s’accordent avec les théories.
Beaucoup moins spéculatifs que les Grecs, les Romains avaientune tendance essentiellement pratique. Ils aimaient mieux fairela conquête du monde que de faire des systèmes. Leurs philoso-phes n’ont point inventé les idées qu’ils professent ; ils n’ont faitqu'adopter et propager celles des Grecs.
L’enseignement des arts, des sciences et des lettres était pri-mitivement exercé à Rome par des étrangers esclaves, ou par desaffranchis. Plus tard, cet enseignement était exercé, comme àAthènes , par des hommes libres. A\ec les sciences et les arts, leluxe et les richesses s’introduisirent à Rome .
Les Grecs, malgré le joug qui leur fut imposé par les Romains,n’abdiquèrent jamais l’esprit de nationalité ni le génie spéculatifqui les caractérisent.
Dès que l’empire romain eut éprouvé les premières secoussesqui, quelque temps après, durent le renverser, la Grèce se sépara