2 HISTOIRE UE LA CE.MIE.
propres à convaincre plutôt la raison, qui tend sans cesse vers l’u-nité, qu’il parlera l'imagination, qui se plaît dans la variété deschoses.
Un exemple entre mille. Tout le monde connaît les accidentsd’asphyxie qui arrivent dans les mines. Les anciens les expliquaientpar la présence d’airs irrespirables, qui, disaient-ils, éteignent lalampe du mineur en même temps que la vie.
Pour les alchimistes, ce n’étaient plus des airs irrespirables, maisje ne sais quels démons malins qui égaraient l’ouvrier dans lesmines, et l’y faisaient périr traîtreusement.
Knlin, revenant à l'idée première après s’en être écartée, l’ob-servation démontre aujourd'hui scientifiquement ce que les anciensn’avaient entrevu qu’idéalement.
Mais ce n est pas seulement le développement de la chimie quisuit les phases indiquées. La physique, l'astronomie, toutes lessciences, je dirais presque toutes les connaissances humaines, sontsoumises à la même loi.
Exemples. Qu'est-ce qui fait monter l’eau dans un corps depompe?
Yitruve, se rendant l'organe de l’antiquité, répond que c’est l’air,sans en donner la démonstration.
Les physiciens du moyen âge prétendent que c'est l’horreur duvide, et ils donnent à cet appui des théories sans fondement.
Enfin, personne n'ignore que l'opinion du célèbre Romain estaujourd'hui, après unintenalle de près de vingt siècles,confirméeet démontrée scientifiquement.
Pythagorc enseignait que la terre tourne autour du soleil, quioccupe le centre du momie.
Plus tard, on enseignait tout le contraire; jusqu'à ce qu’enfinCopernic fonda la science sur une idée qui s'était d'abord présentéeau génie de Py thagore, comme une de ces x érités métapby siques qui11e se démontrent pas.
Ainsi, la vérité (1 : est presque toujours méconnue, souvent ru-dement repoussée, lorsqu'elle se présente sans effort et tout natu-rellement à l’esprit humain : il faut du travail, souvent des effortsinouïs, pour arrivera la reconnaître.
Tâtonner dans les ténèbres axant de se rendre à la lumière:telle est la loi fatale qui régit universellement et nécessairement lamarche de l’esprit humain.
(I) En fait de science, il 11e faut jamais prendre les mots vérité et erreur dans1111 sens absolu; car ce que nous appelons aujourd'hui vérité peut être demaindémontré erreur, et réciproquement : l’histoire en fait foi. Chercher la vérité et enapprocher plus ou moins, c’est la la condition nécessaire du mouvement dé l'intel-ligence humaine. I-a vérité absolue est donc, de même que le repos absolu, refuséeà l’intelligence humaine.