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HISTOIRE DF. LA CHIMIE.
satisfait aux qnestious que lui avait adressées un mandarin sur nosmanufactures, il saisit cette occasion pour lui apprendre que nousavions des métaux qui, mis en contact avec l’eau, jetaient aussitôtdes flammes. « J'avais sur moi, dit-il, un peu de potassium, et jevoulus lui en montrer les propriétés. Il me demanda immédiate-ment à quoi cela était bon; et comme je ne pus lui en prouverl'utilité d’une manière satisfaisante dans l'ordre de ses idées, ii leregarda avec tant de dédain, que je ne jugeai plus à propos de ris-quer l’expérieuce (i). >>
La jKHidre à canon est connue de longue date chez les Chinois ;mais son application aux armes à feu y est assez récente : elle leurest venue de l’occident par la voie des missionnaires. D’après Wil-kinson, la poudre fabriquée en Chine contient à peu près les mêmesproportions de nitre, de charbon et de soufre que celle qu’onfabrique en Angleterre ou en France (a).
Les Chinois ne se serr aient de la poudre il canon que pour desfeux d'artifice, dans lesquels ils excellent. Le P. Magaillaens rap-porte qu'il fut très-étonné d'un de ces feux qui se lit en sa pré-sence : « Lue treille de raisins rouges était représentée; la treillebrûlait sans se consumer. Le cep de la vigne, les branches, lesfeuilles et les grains, ne se consumaient que très-lentement. Onvoyait les grappes rouges, les feuilles vertes, et la couleur du bois,tout cela représenté si naturellement qu’on y était trompé.»
L'art de fabriquer la porcelaine était déjà porté à un très-haut degré de perfection en Chine et au Japon , à une époque oùnous n'en avions encore aucune connaissance en Europe (3). C’est
(1) La Chine , par J.-F. Davis, ancien président de la Compagnie des Indes enChine, t. u, p. 192 (trad. par A. Pidiard; Paris , 1837-8).
(2) Poudre de Chine : >itrc. Cliarbou. Soufre.
75,7 14,4 9,9
Pondre française : 75, 15, 10
(3) On a proposé bien des étymologies sur le nom de porcelaine (tse-h i , enchinois). Suivant les uns, il vient du portugais poreellana , petite tasse; suivantd’autres, il vient de por/ttlaca oleracea, ou purslain, dont la Heur est de cou-leur pourpre: on lui donna ce nom parce que la porcelaine des anciens était decette couleur. (Il hitaker’s course of /ta uni bal over the Alpes , î, 55.) Enfin ,d’après Marsden , le mot porcelaine, ou jiorceltona, fut appliqué des le com-mencement par les Européens à la faïence chinoise, « cause de la ressemblanceque présente sa surface polie avec celle de la coquille univalve ainsi appelée,laquelle tirait elle-même son nom du rapport que l’on a remarqué entre sa formeconvexe et le dos arrondi d’un porcella ou petit cochon. (Marco-Polo , p. 428,