PREMIÈRE ÉrOQÜE. 31
la tradition biblique, travailla le premier les métaux (t). Zosime ,Eusèbect Synésius, rapportent qu'il y avait dans le temple de Phtha(Vulcain), à Memphis, un endroit destiné à l'exercice de la sciencedivine ou de l'art sacré, qui, comme nous le verrons plus bas, n'étaitautre chose que la chimie ou l'alchimie.
C'est ainsi que les alchimistes se réunissaient autrefois dans lescathédrales, pour se livrer aux opérations du grand «mire. Les al-chimistes paraissent également avoir emprunté aux prêtres del’Egypte les formes énigmatiques, les signes hiéroglyphiques deleur art. et le rapprochement mystique des métaux, des planètes etdes signes du z abaque, les théories de l’unif philosophique, etc.
On a beaucoup parlé, pour ne rien dire, de la science cachée desprêtres de Thèbes , de Memphis et dlléliopolis. Le silence étaitimposé a ces pn'tres sous les peines les plus sévères, et il ne leur étaitpermis de s'exprimer que par allégorie.
Au rapport d'Eusèbe et de Synésius 2), c’est dans le temple deMemphis que Démocritc d’Abdère fut initié, par Ostanes, dans lesmystères de l'Egypte , en compagnie d’autres philosophes, parmilesquels on cite Pammènes, et une prophétesse juive nommée Marie.
Ces initiations mystiques offrent un singulier rapprochementavec celles des alchimistes du moyen âge, qui s'engageaient égale-ment. par des serments terribles, à garder le secret de leur art, etqui ne parlaient des choses les plus simples que dans un langageénigmatique. Les disciples de l'art sacré, comme les alchimistes, sedirisaient, à proprement parler, en deux grandes classes : t° ceuxqui traitaient la science par des signes magiques et des sym-boles astronomiques, et qui dédaignaient la pratique et l'inter-vention de l'expérience; 2° ceux qui, ne mettant pas leur tempsexclushement au service de leur imagination, armaient, par lapratique de leur art, à des découvertes utiles. Les premiers se fai-saient remarquer par leur orgueil et leur arrogance, et se disaientles initiés par excellence, pour se distinguer de ceux de la deuxièmeclasse, qui, pour être les plus humbles, n'en étaient pas moins lesplus estimables. Si c'est à la première classe qu'appartenaient lesprêtres de Memphis, de Thèbes et d lléliopolis, nous u'avons pas
(1) Genes., iv, 22. Diod . Sic. lib. 11 . "Hpaujrov )æyo'j<kv tt.; t.î'À toü <7iSr,pou
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(2) Emebiana grœca Scalig., p. 43.
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