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HISTOIRE DE I,A CHIMIE.
11 serait au moins oiseux d’agiter la question de savoir siMoïse s’était servi de quelque moyen cliimique pour dissoudre leveau d’or; car, en lisant attentivement le texte hébreu , on peut seconvaincre qu’il n’y est parlé que d’une opération purement mé-canique. Voici comment je traduis textuellement : « Et il (Moïse )prit le venu, qu’ils (\cs Israélites ) avaient fuit et le détruisit dans lefeu (1), cl il le moulut {dans un moulin à bras) (2) en petites par-celles qu’il jeta dans l’eau et fit boire aux fils d’Israël . »
Ainsi c’était de l'or divisé par un moyen purement mécanique,et tenu en suspension dans l’eau, que Moïse lit boire aux Israélites .Toutes ces discussions niaises sur la prétendue dissolution du veaud’or et sur les connaissances chimiques de Moïse tombent doncd’elles-mêmes devant l’évidence du texte original.
L’argent devait être connu presque en même temps que l’or; caril est universellement répandu, et se rencontre également à l’étatnatif. Quoique l’argent n’attire pas autant les regards que l’or,le nom qu'il porte a néanmoins, dans toutes les langues an-ciennes, sa raison dans la couleur et dans l’aspect que présentece métal. Ainsi, pr; ( hhesef ), qui signifie argent dans les languessémitiques, dérive du xerbe pD: ( hhasaf ), être pale; de mêmequ’en grec apyuso; (argent) vient de àpyo;, blanc. C’est de là quedérivent le latin arqentum et le français urgent. L’argent était em-ployé pour les mêmes usages que l’or.
Après ces deux métaux viennent le cuivre, l 'étain, Y airain et leplomb. On trouve l'énumération complète des métaux ancienne-ment connus (vers 1500 avant J. C.), dans le passage suivant duPentaleuque (3) : « Que l'or zrn v zahab) , l’argent [hhesef),le fer h~”i [barzel), l'airain rcn: {ne/,hochet), le plomb r~t'j(oferet), l’étain 2'~2 betil ), et tout ce qui peut passer par lefeu (4), soit purifié par le feu. »
C’est sans doute encore le hasard qui a conduit à l'idée de retirer
(1) Littéralement, il l’absorba dans le feu ( 2.’ S 2 p'C" ); c’cst-à-dire qu’enle fondant il en détruisit les formes. F.xod., xxxn, 20.
( 1 2 3 ) pÿ "ÇN "y jn'C'j le verbe jîjC (lliahhane), quiesticiemployé, vientdu subst. Hinç (tnkhanah ), moulin à bras.
(3) Nombr., xxxi, 22 et 23.
(t) DC si' -CK --'-bs
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