PREMIÈRE ÉPOOFE. SI
Pollux (lib. vii, c. 17), Philostrate [De vita Appoll., lib. 11 , c. 10) etStrabon (lib. xv, p. îoie, ed. Casaub.), une étoffe provenant d’uneespèce de noix qui croissait en Égypte ; on ouvrait cette noix, pouren tirer la substance, que l’on filait et dont on faisait des vêtements.D’après cette description, le byssus ne serait autre chose que lecoton. Les habits faits avec cette étoffe étaient réservés, en Égypte ,aux personnes de la plus grande distinction (l).
Quoi qu’il en soit, on sait aujourd'hui, d’après des recherchesmicroscopiques, que les tissus des anciens Égyptiens, par exemple,les enveloppes des momies, que l’on croyait être de coton, sont destissus de lin (2).
§ 6 .
Blanchiment.
Les anciens savaient depuis longtemps que les cendres des végé-taux communiquaient à l’eau la propriété de nettoyer les étoffes; etsans doute ils ne tardèrent pas à découvrir que l'eau filtrée à traversdes couches de cendres est chargée d’un sel particulier, qui reste,après l'évaporation de l'eau, au fond du vase (3).
La lixiviation est donc une opération fort ancienne. Les archéo-logues se sont donné une peine inutile pour savoir quelle est laplante dont il est parlé dans l'Écriture sous le nom de borith , dontles cendres servaient à nettoyer les étoffes. Toutes les plantes donnent, par l'incinération et la lixiviation, des sels (carbonates) alcalinspropres au blanchiment. On lavait les vêtements dans des espècesde fosses qui servaient de cuves ou de chaudières de lavage (4).
Jérémie, qui écrivait vers le vni e siècle avant notre ère, dit (c. n,v. 22) : « Quand vous vous laveriez avec du nitre (*^ru) ( neter) etque vous vous nettoyeriez avec du borith , vous demeurerez tou-jours souillés, etc. »
(1) Pline, Hist. nat. lib. xix, sect. 2.
(2) Le coton, vu au microscope, présente des fibres aplaties, contournées,ridées, de 1 à 2 centièmes de millimètre de diamètre ; tandis que le lin présentedes filaments cy lindriques, droits, lisses, entremêlés d’autres filaments plus gros,à nœuds, ayant l’aspect de petits bambous.
(3) C’est ce qui lui a valu plus tard le nom de pott-asehe (cendre ou résidu dupot), d’où l'on a fait, par corruption, potasse.
(4) Job, ix, 30. Hom. Odyss. vi, 92. (orsïGov Iv poOpoioi).