PREMIÈRE ÉPOQUE. 59
ou les corps d’animaux, comme des crocodiles, des ibis, etc., donton peut voir un nombre considérable dans les différents muséesd’Europe .
Hérodote et Moïse nous fournissent à ce sujet les documents au-thentiques les plus anciens. Ce dernier, qui aurait été à môme denous donner des détails précieux, se borne à nous apprendre queJoseph fit embaumer (cjn, assaisonner d’épices) le corps de sonpère, et que cette cérémonie dura quarante jours; et il ajoute quec’était la coutume d’employer ce temps pour embaumer les corpsmorts fl).
Quant à Hérodote, qui vivait plus de mille ans après Moïse , ilnous a laissé sur ce sujet les détails suivants (2) :
« Ils (les embaumeurs) commencent par se servir d’un fer re-courbé, pour retirer par les narines toute la moelle, qu'ils lontsortir entièrement, soit par ce moyen, soit en y versant quelquesdrogues (ÿâpuaxa) pour la faire écouler. Puis ils fendent, avec unepierre d’Éthiopie très-aiguë, le ventre vers la partie des iles, et re-tirent par cette ouverture la totalité des intestins. Ils nettoientsoigneusement la cavité abdominale, la lavent avec du vin depalmier (oïvw cfoivixr.iw), et l’essuient avec des aromates (Gu|u-i;|om)pilés ; ils la remplissent ensuite entièrement de myrrhe très-purebroyée, de casie (xaTiY]î) (cannelle ?), et de toutes sortes d’essences,à l'exception cependant de l'encens, qu’ils n'emploient pas, etrecousent la peau par derrière ’ supionrrouTi om'crm ). Cela fait, ilsembaument le corps dans une saumure de nation (Tapt/éuo'jci, vt-Tp(j>)(3), dont ils le tiennent recouvert entièrement pendant soixante-dix jours; il n’est pas permis de l'y laisser plus longtemps. Quandles soixante-dix jours sont écoulés, ils le lavent de nouveau, etl’enveloppent complètement de toile de byssus découpée en ban-delettes, trempées dans une espèce de gomme ( xo'uui ) dont lesÉgyptiens se servent habituellement au lieu de colle. Les parentsviennent alors recevoir le corps,et font faire en bois une caisse, defigure d'homme, etc. Telle est la manière la plus somptueuse d’em-baumer les morts.
« Pour ceux qui se contentent d’un procédé plus simple, et qui
(1) Genèse, l, 2 et3.
(2) Lib. il, c. lxxxvi et lxxxvii.
(3) Schweighâuser a eu, selon moi, tort d’adopter la lect. ; d’autantplus que la plupart des mss. donnent vÎTpu.