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Tome premier.
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PREMIÈRE ÉPOQUE. 03

de Home, et transporta le siège de son empire, lambeau delempire du monde, à Byzance , la ville de Constantin . Cestque se réfugièrent les arts et les sciences.

Dans lantiquité, ainsi quau moyen âge, la religion et la scienceétaient étroitement unies. La mythologie des Grecs et des Ro-mains, en grande partie empruntée aux croyances religieusesdes Égyptiens, renferme, selon lopinion de plusieurs auteurs,tous les secrets de la chimie, sous une forme mystique et allé-gorique.

On a écrit des volumes (1) pour faire voir comment les mythesanciens, les fables dHomère et dOrphée , ne sont que des allégo-ries de lart sacré. Ainsi le mythe qui représente Jupiter se trans-formant en une pluie dor, fait, dit-on, allusion à la distilla-tion de lor des philosophes. Par les yeux dArgus, se changeanten la queue du paon, il faudrait entendre le soufre, à causedes différentes couleurs quil est susceptible de prendre par lac-tion du feu. La fable dOrphée cache la douceur de la quintes-sence et de l'or potable. Le mythe de Deucalion et de lyrrharévèle tout le mystère de l'alchimie. Quelques adeptes sont allésjusqu'à soutenir que l'élément avec lequel Thaïes explique lacréation de toutes choses est, non pas leau commune, mais leau-argent, cest-à-dire le mercure. Et ils traduisent lOlympique dePindare : apirrov piv üàwp la meilleure chose cest leau), par « lameilleure chose c'est le mercure ( 2 ). «

S'il ny avait eu que les alchimistes du xm e siècle pour avancerde pareilles idées, il ny aurait pas de quoi sétonner. Mais cesidées paraissent remonter à une époque pius ancienne ; car Plu­ tarque , qui vivait au ii 1 2 ' siècle, voit dans la théogonie des Grecsla science de la nature, cachée sous une forme symbolique. 11ajoute que par Latoue on entendait leau, par Junon la terre,par Apollon le soleil, et par Jupiter la chaleur, et que, d'aprèsles Égyptiens, Osiris était le soleil, Isis la lune, Jupiter lesprituniversel répandu dans la nature, etc. Suidas, qui vivait plu-sieurs siècles après Plutarque , dit expressément que la fable de

(1) Les fables îles Egyptiens et des Grecs dévoilées, par Pernety. 2 vol. in-8,1786 ; Paris .

(2) 0. Borrichim, De ortu et progressn cliemiæ. Mang. Bibl. Chim.Tome I.