PREMIÈRE EPOQUE.
A.
PARTIE THÉORIQUE.
SYSTEMES DES PHILOSOPHES DE LA GRECE .
Pour trouver chez les Grecs des traces et des notions théoriquesplus ou moins vagues de la chimie, qui n’était encore désignéepar aucun nom spécial, il faut recourir aux annales de l'histoirede la philosophie : car la philosophie ne consistait pas, commeaujourd'hui, dans l’étude exclusive de l’homme intellectuel etmoral. Le plan de leur philosophie était vaste comme le plan del’univers : la cosmogonie, l’astronomie, la médecine, les mathé-matiques, les sciences physiques et naturelles, en un mot, toutesles connaissances humaines y entraient. Platon et Aristote n’étaientpas seulement des philosophes dans le sens qu’on attache aujour-d'hui à ce mot; c’étaient ce que nous appellerions de véritablestètes encyclopédiques.
Qu’il me soit donc permis de jeter un coup d’œil rapide surcette partie de l’histoire de la philosophie qui se rattache plusspécialement aux doctrines spéculatives des sciences physiqueset naturelles, parmi lesquelles la chimie occupe le plus hautrang.
§ i.
Le chef de l’école ionienne naquit, suivant Apollodore , dans lal re année de la 35 e olympiade (an 640 avant J. G.), à Milct enIonie . Mis en présence de la nature, il s’efforça d’approfondir lesmerveilles de la création. Comme tout homme qui réfléchit, ilse demanda ; Comment et pourquoi tout ce qui existe s’est-il pro-duit? La matière, d’où vient-elle? où va-t-elle? C’est dans un desplus beaux pays du monde, sur les plages fertiles d’Ionie , en