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niSTOIRE PE LA CniMIE.
face de la mer qui sépare l'Asie de l’Europe , que Thaïes s'adres-sait les questions qu’il cherchait à résoudre. Questions immenses,qui embrassent toutes les sciences, et qui sont la fin même de toutesles connaissances humaines.
Veau est le principe de tout; c’est l’eau qui a produit toutesles choses. Les plantes et les animaux ne sont que de l'eau con-densée sous diverses formes ; c’est en eau qu’ils se réduiront. Voilàla réponse de Thaïes (1'.
En substituant 17m' à l’eau, on a la réponse d’Anaximènes etd'autres philosophes de la même école.
Vingt-quatre siècles nous séparent aujourd'hui de Thaïes . Etvoici l’éloquente parole que vient de faire entendre un des pluscélèbres chimistes de notre époque :
« Les plantes, les animaux, l’homme, renferment de la matière.D’où vient-elle? que fait-elle dans leurs tissus et dans les liquidesqui les baignent? Où \a-t-elle quand la mort brise les liens parlesquels ses diverses parties étaient si étroitement unies?
— «Les plantes et les animaux dérivent de l’air, ne sont quede l’air condensé. Ils viennent de l'air, et ils y retournent. Cesont de véritables dépendances de l’atmosphère (2). »
Loin de moi la pensée de faire de ce rapprochement une simplequestion de priorité. Il y a au fond de cela quelque chose de bienplus élevé : la loi universelle et nécessaire qui préside à la con-ception de toutes les théories. Les anciens, pauvres en faits d’ob-servation , formulaient des théories qui nous étonnent par leurhardiesse. Et aujourd'hui, que nous sommes plus riches en faits,nous voyons s’élever des s\stèmes qui ne sont pour ainsi dire quela reproduction de doctrines dont la plupart sont aussi vieillesque le genre humain. De deux choses l une : ou ces doctrines sontdes vérités éternelles, inhérentes à l'intelligence meme de l’homme,ou ce sont de simples fantasmagories de l'esprit, se reproduisanttoujours sous les mêmes formes dès que l'homme s’arrête sur deschoses que la pensée seule semble bien concevoir, mais que l'expé-
(1) ArLstot. Metapliys., i, c. 3. De ceelo H, 13. Sextus Pyrrh. ut, § 30.Plularch. de Placit. philos, i, 3. Stob. Eclog. pliys. i, c. 2; édit. Heeren,page 291.
(2) M. Dumas, cours de chimie organique fait (en 1841) à la Faculté demédecine de Paris.