PREMIÈRE ÉrOQIÎE. 67
riencc directe ne démontre plus. Voilà le grand dilemme qui ressortà chaque pas de l'enseignement de l'histoire des sciences.
Anaximandre (611 avant J. C.).
Ce philosophe continua les doctrines de l'école ionienne. Il admitcomme principe universel quelque chose d’indéfini (ïTrapov), desubtil, qui pénètre toute la matière. Ce principe, selon lui, est plussubtil que l’eau, moins ténu que l’air, et plus grossier que le feu.Tous les éléments matériels sont contenus dans ce principe éthé-rien ; le mouvement les en sépare ; la raréfaction et la condensa-tion en fait tous les corps que nous voyons ( l). Tout corps s’est formépar le rapprochement de ses particules homogènes préexistantes ( 2 ).L’action de la chaleur et du froid préside à tous les changementsque subit la matière. La forme arrondie des corps célestes pro-vient de l’action combinée de l’air et du mouvement.
§ 3.
Disciple d’Anaximandre, Anaximènes regarda l 'air comme leprincipe de toutes choses : « Tout vient de l’air, et tout y re-tourne (3).» Les animaux et les plantes en tirent leur origine (4).Selon ce même philosophe, lame elle-même était quelque chosed’aérien. La condensation et la raréfaction, le froid et la chaleur,président à toutes les modifications de la matière, et l’air infini estla Divinité elle-même (5).
Ecole de Pylhagore.
Comme Thaïes, Pythagore avait agrandi le domaine de ses con-
(1) Arist. Plixsic., 1 , c. 5 ; Metapliys. xn, c. 2. De ca-lo, m, c. 5. Themistiuad Arist. Phys. fol. 16, a. August. De civ.Dei, vm, 2.
(2) Simplicius in Pliysic. Arist. p. 6 b.
(3) Ex TOUTO'J ri navra yéveoOai, xal si; aùrèv nà/iv àva/.ûeaSai. Stob. Eclog.,p. 296. Conf. Euseb., præp. evangel. 1 , 8 , et Cic. Acad., quæst. il, 37.
(4) Plutarch. , plac. 111 , 4 .
(5) Cic. Nat. deor. 1 , c. 10. August. de civ. Dei, vm, 2 .