Band 
Tome premier.
Seite
240
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE LA CHIMIE.

240

saricc que les druides dans les Gaules et dans les îles Britanniques .Les druides étaient tout à la fois prêtres, médecins, législateurs,juges et instituteurs; en un mot, ils étaient tout, excepté des sol-dats. Ils interdisaient des sacrifices ceux qui avaient encouru leurcensure. Linterdiction était alors une peine terrible, car touthomme interdit par les druides était par cela même mis hors laloi. Tout le monde fuyait à son approche comme à celle dun pes-tiféré : la société le repoussait de son sein (t).

Bien que les renseignements que nous avons sur les doctrinesdes druides soient fort restreints, il nous est cependant permis decroire quelles avaient la plus grande analogie avec les doctrinesmystiques des Égyptiens, des Perses, et de presque tous les peuplesde lantiquité (2).

« La Bretagne, dit Pline, cultive encore la magie avec un telappareil, quelle semble lavoir transmise aux Perses eux-mêmes.Toutes ces doctrines se sont établies dun commun accord sur toutela terre, malgré la diversité des nations et le défaut de communi-cation. )>

La doctrine qui représente lunivers et l'idée de perfection parun œuf entouré dun cercle dor, symbole du zodiaque, se retrouvechez les druides aussi bien que chez les prêtres d Égypte (3). Il en estde même des nombres sacrés, et de beaucoup d'autres symbolesmystiques.

Homère, qui, dans l'Iliade , garde un silence absolu sur toutce qui concerne la magie, a, pour ainsi dire, basé toute son Odysséesur des récits magiques, tels que lévocation de lombre de Tirésias ,la métamorphose des compagnons dLlyssc à l'aide de la baguettede Circé, la fable de Protée , etc.

La chaîne dHomère (catena Homeri) est le nom que les secta-teurs de la magie donnent à une de leurs doctrines principales, donton retrouve encore des traces dans Homère et dans Platon . Cestpourquoi la chaîne dHomère et les anneaux de Platon sont sou-vent svnonvmes.

(1) Bell. Gallic., vi, 13.

(2) Ibid. Les meilleures sources à consulter sur les druides sont J. Cœs.Comment., B., G., vi, 13 et 14. Pompon. Mêla, m.DeiüsdHalycarntasseAnt. rom., p. 30. Lactant., i, i.-Suelon-, V ita Claud., c. 25. Soldn.',c. xxii. Pline, xxx.

(3) voy. pag. 232.