HISTOllîE DE LA CHIMIE.
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les philosophes de l’école d’Alexandrie, les disciples de l’art sacré,parlent sans cesse des œuvres d'Hermès , comme delà source de toutescience.
Voici comment s’exprime Jamblique :
« Hermès Trismégiste a écrit, selon Séleucus, vingt mille volu-mes sur les principes universels. Mais, selon Manethon , c’esttrente-six mille cinq cent vingt-cinq volumes qu'il a composés surtoutes les sciences (l). »
Puis il ajoute . « Les écrits connus sous le titre de Sentencesde Mercure contiennent souvent des expressions de philosophesgrecs; car ils ont été traduits de la langue égyptienne par deshommes instruits dans la philosophie (2). » On se demande pour-quoi Jamblique ne parle des livres d’Hermès en quelque sorte quepar oui-dire, et pourquoi il ne dit pas un mot des livres originaux,qu’il lui aurait été si facile de consulter, en sa qualité de grandprêtre.
Ce qui prouve que ces livres n’ont jamais été déposés, commesacrés, dans les temples d’Égypte , c’est que Héraïscuset Asclépiade,qui avaient approfondi les systèmes cosmologiques et astronomi-ques des Égyptiens, ne disent pas un mot des livres d’Hermès , aurapport de Damascius, qui vivait du temps de Justinien (3).
Les écrits qui nous restent sous le nom d’Hermès , et qui pourla plupart sont complètement étrangers à la chimie, renferment,comme l’a déjà fait observer Meiners, des emprunts faits aux livresde Moïse et de Platon ,-t). C’est pourquoi beaucoup d’auteurs, etentre autres Tennemann, pensent que les écrits d’Hermès ont étécomposés au moment où la religion chrétienne allait abattre lepaganisme, et qu’ils étaient destinés à être pour les païens ce quela Bible est pour les chrétiens (.3).
Déjà les Pères de l’Église, entre autres saint Cyrille, remarquentque l’auteur des écrits d’Hermès avait mis à profit les livres deMoïse (6) et de Platon .
(!) Jambl., deMvsteriis Egypt., vin, 1.
(2) Ibid., vin, 2.
(3) Damascius , irepi is/üv (in Wolfii anecdot. grœcis, t. ni)*
(4) Meiners, Yersuch iiber die Religionsgeschichte der œllesten Yolker,t. 1, p. 223.
(5) Gesehicltte der Philosophie., t. vi, p. 477.
(6) Cyrillus adversus Juliamim (Juliani opéra, ed. Ez; Spanheim , Lips., 1696),lib. i, p. 30.