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PREMIÈRE ÉPOQUE.
On pourra en juger soi-même d’après le fragment suivant :
Isis se mit à parler ainsi •. « Le monde supérieur domine et cou-ronne le monde inférieur. L’ordre des êtres d’en haut est parfaitet immuable ; l'intelligence humaine ne peut l'atteindre ; c’est làce qui fait le malheur et le désespoir des êtres de l’ordre inférieur.Le mouvement des corps célestes, qui, par une sympathie mysté-rieuse et des eflluves secrets, communiquent à la nature l'abon-dance et la beauté, est un spectacle qui provoqua d'abord tout àla fois la méditation et la crainte. De cet état de méditation et decrainte indéfinissable, naquit l’ignorance. Pour faire cesser l’igno-rance, l’Être suprême communiqua de sa sagesse, non pas à larace humaine (qui n’existait pas encore), mais à l'âme qui prendpart à tous les secrets du ciel. Cette àme est Hermès , l'intelligencedu Tout, qui voit tout, qui comprend tout le passé, et qui révèle lemonde intelligible. Il écrivit toutes ses pensées et cacha ses écrits,afin d’engager tout le inonde à se livrer à la réflexion. Le succes-seur et l'héritier des connaissances d'Hermès était Thaat; puis vintAsclepias Jacuthes, fils de Pan et d'Héphcstohule, et tous ceux quiavaient l'amour de la méditation céleste.
« La nature, continue Iris, resta stérile, jusqu’au moment où ceuxqui font tourner le ciel s’approchèrent du roi de l’univers, et luidirent : L’univers est dans l'inaction ; songe à ce qui est nécessaireà l'avenir. Dieu répondit en souriant : Que la nature s'anime! Etaussitôt naquit, au son de cette voix, une femme douée de toutl’éclat de la beauté. Dieu lui tendit le calice de la nature, et luicommanda d’être féconde. Il regarda ensuite en haut, et s’écria :Que le ciel, l’air et l’éther remplissent le Tout. Et cela se fit. Lafemme épousa le travail, et de cette union naquit une fille, l’inven-tion. Pour ne pas laisser le monde supérieur dans l'inaction, Dieu enleva une portion de son intelligence, la mêla mystérieusementavec le feu et avec quelques autres matériaux, et en opéra lacombinaison à laide de certaines formules. Cette combinaison,parfaitement pure et transparente, n’est visible qu’à l'œil de celuiqui l’a faite (1). »
Dans un autre écrit d'Hermès , on trouve une prophétie annon-çant la décadence du paganisme et le triomphe d’une religionnouvelle. « Les temples de l’Égypte seront, y est-il dit, convertis
(1) 'Ep(xoÿ Tfi; (icYiaioy èx if,; iepâ; piSÀou èraxaÉovpévr,; xopr,; x6u|Xou, Pa-tricius, p. 27.