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Tome deuxieme.
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HISTOIRE DE LA CHIMIE.

à eux que les monnayeurs empruntèrent leur eau de départ ( aquachnjsutca).

L'n nommé Cointe introduisit, sous le règne de François 1 er ,l’emploi de l’eau-forte dans la Monnaie de Paris. Des auteurs pres-que contemporains (Budé , Savot, etc.) racontent qu’il tenait cetteopération d'abord secrète, et qu’il la croyait ou feignait très-dan-gereuse ; « car il disoit que la fumée d’icelle estoit fort pernicieuseà la santé; de sorte qu’il y faisoit travailler par un serviteur, luin’y prenant garde que de loin (l). »

Cointe et son fils gagnèrent une fortune considérable. Une or-donnance de François I er , donnée à Blois le 19 mars 1540, porte(art. 44) que les gages des essayeurs de la monnaie seront augmen-tés de la moitié, pour raison de ce départ aiec l’eau-forte.

Quelques années plus tard, l’usage de l’eau-forte était devenusi vulgaire, que l’on s’en servait frauduleusement pour tarer lespièces d'argent. Lue ordonnance de Charles IX , donnée en I5Gt ,proscrit formellement cette industrie coupable. « Nous défendons, yest-il dit (art. s), allouer ni recevoir aucune espèce d’or ni d'ar-gent visiblement rognée ou lavée par l’eau-forte ; lesquelles espècesrognées ou lavées nous avons totalement descriées, et seront misesau feu pour billon (2). »

On sas ait déjà alors dans quelles limites la méthode du départpar l’eau-forte est bonne. Ainsi, on n’ignorait pas que si dans unalliage il \ a beaucoup plus d’or que d’argent, l'eau-forte n'agiraaucunement, et qu'il faut qu’il y ait au moins les deux tiers d'ar-gent et un tiers d'or. Les proportions que l'on préférait, commecela se pratique encore aujourd'hui, étaient de trois parties d’ar-gent pour une partie d’or ; de manière que cette dernière partiefaisait I a quart du total de l’alliage. De là les expressions d inquar-ter et inquartation (3). L’alliage était ensuite attaqué par l'eau-lortc :l'or se ramassait au fond sous forme de poudre, et l'argent étaitprécipité par une pièce de cuivre, « qui a cette propriété particulièrede tirer à soi tout l'argent qui estoit dissous dans l’eau-forte ; s'il

(1) Savot, Traité de Métallurgie, chap. vi, p. 73.

(2) Sommaire des édits et ordonnances royuulx, concernant la cour desmonnayes et officiers particuliers d’icelles, etc. Manuscrit n° 113, iu-4 (ju-risprudence), de la Bibliothèque de l’Arsenal.

(3) Voy. p. ài de ce volume.