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Tome deuxieme.
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TROISIÈME ÉPOQUE.

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lui enlever les dernières traces de mercure, on le faisait fondre etou le soumettait quelquefois à la coupellation.

Il n'entre pas dans notre plan de faire ici un travail statistiquesur les richesses métalliques retirées, pendant le xvi e siècle, desdiverses contrées de 1 Amérique (I). Qu’il nous suftise de faireobserver que ces monceaux d'or du Pérou et du Mexique ont étéplus funestes à la monarchie espagnole que ne l'auraient été laguerre, la peste et la famine.

D'abord, toute la population des campagnes se précipita dans lesvilles, et de là dans le nouveau monde ; non pas certes pour y cul-tiver les arts ou y exercer des métiers utiles, mais pour suivre lespenchants dépravés de la paresse, de l'avarice et de la cupidité.Loin donc que les richesses arrivées chaque année de l'Amérique fussent employées à réparer les pertes de l’agriculture, elles en accé-lérèrent encore la décadence, et la plus grande misère ne tardapoint à se faire sentir et à percer de toutes parts, à travers les de-hors brillants qui en imposaient au vulgaire. Les troupes, mal payées,se soulevaient ; les provinces, soumises à des impôts vexatoires, ar-boraient l'étemlard de la révolte et de la liberté. Le souverain lui-même manquait, faute d’argent, à ses engagements les plus sacrés.Philippe II refusa de payer les intérêts des sommes qu’on lui avaitprêtées, et ce fier monarque, dans les Etats duquel le soleil ne secouchait jamais, fit banqueroute à la face de l'univers.

S 12.

Monnaies.

La découverte du nouveau monde avait mis tout à coup en circu-lation une quantité prodigieuse d’or. Comme ce métal se rencontrepresque toujours à l'état natif, mais allié avec des proportionsvariables d'argent, il était naturel de songer à trouver un procédéplus exact que celui de l’emploi du cément royal (soufre et antimoine)pour séparer ces deux métaux l’un de l’autre.

Les alchimistes connaissaient depuis longtemps la propriété qu’al’eau-forte de dissoudre l'argent et de laisser l’or intact. Ce fut donc

(1) F. Gmelin {Geschkhte (1er Chem.), t. I, p. i.19-472.