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Tome deuxieme.
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UISTOIHK I)E LA CHIMIE.

sois brasier le plancher, et, par tel moyen, l’on me l'aisoit perdremon crédit et m'estimoit-on estre fol.

« Les autres disoient que je cherchois à faire la fausse nionnoyc,qui estoit un mal qui me faisoit seicher sur les pieds, e! m’en al-lois par les rues tout baissé comme va un homme honteux. J’estoisendetté en plusieurs lieux et auois ordinairement deux enfants auxnourrices, ne pouuant payer leurs salaires : personne ne me secou-roit, mais, au contraire, ils se moquoyent de moy en disant : Illui appartient de mourir de faim, parce qu'il deslaisse son mestier.Toutes ces nouvelles venoyent à mes oreilles quand je passois parla rue ; toutes fois, il me resta encores quelque espérance qui mesoustenoit, d'autant que les dernières espreuves s’estoyent assezbien portées, et deslors en pensois sçauoir assez pour pouvoir gui-gner ma x ie. >»

Malheureusement le pauvre potier fut encore une fois déçu dansson espérance. Il mit tout le reste de son bien et tout ce qu'il axaitpu emprunter dans une fournée plus considérable que les autres, etil ne réussit pas davantage.

nj’axois emprunté le bois et les estoffes, et si auois empruntépartie de ma nourriture en faisaut ladite besogne. J'auois tenuen esperance mes créditeurs qu'ils seroienl payez de l’argent quiproviendrait des pièces de ladite fournée, qui fut cause que plu-sieurs accoururent, dès le malin, quand je commençois à desen-fourner. Donc, par ce moyen furent redoublées mes tristesses,d'autant qu’en tirant ladite besogne je ne recevois que honte etconfusion. Car toutes mes pièces estoyent semées de petits mor-ceaux de cailloux, qui estoient si bien attachez autour desditsvaisseaux, et liez avec l’esmail, que quand on passoit les mainspar dessus, lesdits cailloux cuupoyent comme rasoirs; et combienque la besogne l'ust par ce moyen perdue, toutefois aucuns nevoulnient achètera xil prix. .Mais parce que ce eust esté un des-criement et rabaissement de mon honneur, je mis eu pièces entiè-rement le total de ladite fournée, et me couchay de melaneholic :non sans cause, car je n’auois plus de moyen de subvenir à mafamille; je n’auois en ma maison que reproches. Au lieu de meconsoler, l'on me douuoit des malédictions ; mes voisins, qui auoiententendu cette affaire, disoient que je n'estois qu’un fol.

« Quand j'eus demeuré quelque temps au lit, et que j'eus consi-déré eu moy-mesme qu'vn homme qui serait tombé eu xn fossé,son debuoir serait de tascher à se releuer ; en pareil cas je me