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Tome deuxieme.
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S2

HISTOIRE PE LA CHIMIE.

j’nuois me la isoit procéder en mon nlïaire si virilement, que plu-sieurs fois, pour entretenir les personnes «fui me venovent voir, jefaisois mes efforts «le rire, combien que intérieurement je fussebien triste. Je poursuyviz mon affaire rie telle sorte, que je rerevoisbeaucoup d'argent d'vue partie rte ma besogne qui se trouvoit bien.Mais il me survint vue autre affliction conquatenée auec lessusdites, qui est que la chaleur, la gelée, les vents, pim es etgouttières, me gastoyent la plus grande part rte mon œuvre au-paravant qu’elle fust cuite; tellement qu'il me fallut empruntercharpenterie, lattes, tuiles et doux, pour m'accommoder. Or biensouvent n’ayant point rte quoi bastir, j’estois contraint m'accom-moder rte barres et autres verdures. Or ainsi que ma puissances’augmentoit, je rtcl'aisois ce que j’auois fait, et le bastissois unpeu mieux; ce qui faisoitqu’aucuns artisans, comme cliaussetiers,cordonniers, sergens et notaires, \n tas rte vieilles, tonsreux-cysans auoir esgarrt que mon art ne se pouvoit exercer sans grandlogis, disoyent que je ne laisois que faire, et me blasinoyenl rte cequi les deuoit inciter a pitié, attendu que j'estois contraint d'em-ployer les choses nécessaires à ma nourriture, pour erigerles com-modités requises à mon art. Et qui pis est, le motif des dites inoe-queries et persécutions sortait rte ceux rte ma maison, lesquelsestoyeut si esloignez de raison, qu'ils vouloyent que je tisse la be-sogne sans outils, chose plus que déraisonnable. Or d'autant plusque la chose estoit déraisonnable, de tant plus l'alllirtioii ni'estoitextresme.

« J’ay esté plusieurs années que, n’ayant rien rte quoy faire cou-vrir mes fourneaux, j'estois toutes nuits à la merey despluses etvents, sans auoir aucun secours, ayde ni consolation, sinon deschats huants qui ehautoyent d un costé, et les chiens qui hurloyenlrte l'autre; parfois il se le\ oit des \ents et tempestes qui soullloyenlde telle sorte le dessus et le dessous de mes fourneaux, que j'estoiseontraiut quitter là tout, auec perte de mon labeur ; et me suistrouvé plusieurs fois qu'ayant tout quitté, n'ayant lien de sec surmoy, à cause des pluyes qui estoyeut tombées, je m'en allois cou-cher à la minuit ou au point du jour, aecoustré de telle sorte qu'vuhoutme qui seroit yure de vin ; d'autant qu'après a\ oir longuementtravaillé je voyois mon labeur perdu. Or, en me retirant ainsisouillé et trempé, je trouvois en ma chambre une seconde persécu-tion pire que la première, qui me fait à présent esmerveiller que jene sois consumé de tristesse. »