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HISTOIRE DE U CniMIE.
déblavé. la vérité et l'erreur s’entre-choquaient atout moment.Palissv, tout en rejetant comme absurde la transmutation des mé-taux telle que l'entendaient les alchimistes, admet néanmoins lapossibilité de la transformation des corps organiques en métaux.Voici le curieux passage où il exprime cette idée : « Je dis quel'homme, le bois et les herbes peuvent se réduire en métal (lj.lit cela se peut faire quand vn homme seroit enterré en quelquelieu aquatique, où la terre seroit pleine d’une semence de vitriolou couperose. Car la dite semence n’est autre chose qu'vnsel qui n'est jamais oysif. Et, comme j’ay desia dit, les selsont quelque affinité ensemble. Le sel du corps mort estant enla terre fait attraction de l’autre sel, lequel sera d’vn autregenre, et les deux sels ensemble pourront endurcir et réduire lecorps de l'homme en matières métalliques; d'autant que la naturedu sel nommé couperose ou vitriol ne peut faire autre chose queconvertir en airain les choses qu’il trouve au lieu oii il fait sa de-meurance. Je te donne ce trait pour vn point invariable et bienassuré. »
(Juandoque dormitat bonus Homerus. On ne reconnaît paslà ce rigide observateur qui proclame avec tant de chaleur l'auto-rité de l'expérience. Mais nous sommes encore au xvi e siècle.
Persuadé de 1 importance de ses découvertes et de l'utilité de lescommuniquer à ses semblables, Palissv lit en I ô7ô un cours public,qu’il annonça par des affiches. « Je mis, dit-il, en mes affiches, quenul n'y entrerait qu’il ne baillast un escu à l’entrée desdites leçons;cl cela laisois-je en partie pour voir si par le moyen de mes audi-teurs je puurrois tirer quelque contradiction, qui eust plus d'assu-rance de vérité que non pas les preuues que je mettois en avant,sçaehant- bien que si je mentois il y en auroit de Orées et Latins quime résisteroyent en face et qui ne m'espargnerovent point, faut àcause de Los-u que j'auois pris de chascun, que pour le temps queje les eusse amusez. »
Au nombre des auditeurs dont Palissy donne la liste, se trou-vaient le célèbre chirurgien Ambroise Paré , Alexandre de Cam-pege, médecin de Henri 111, Jean du Lhony, avocat au parlementde Paris, le prieur üertolome, le mathématicien Jean Yiret, etbeau-
(1) Il serait parfaitement dans le vrai s’il disait que ces corps peuvent réduirela rouille d’un métal.