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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
tut qu’un chimiste. Après avoir parlé des vins anciens et moder-nes, il arrive aux vins de France , et trouve que le vin des envi-rons de Paris est très-exquis, et qu'il ne le cède à aucun autrevin ,(i). Si Baceio eût été seul de son opinion, on pourrait direqu'il avait une hallucination du goût; et toute discussion seraitinutile. Mais le spirituel et satirique curé de Meudon. Rabelais ,qui aimait pourtant les bons vins, pensait là-dessus comme lemédecin italien. De deux choses l une : ou il en est des goûtscomme des modes, qui n’ont qu'une existence éphémère ; ou le cli-mat et le terroir sont changés, et par suite la qualité du vin.
On savait depuis longtemps extraire l’eau-de-vie du vin. Mais ilse passa un grand nombre d’années avant que l'on coutraetàt lafuneste habitude de s’en servir comme d'une boisson enivrante.L'cau-de-vie n'était encore qu'un médicament au xv e siècle, ainsique nous l'apprennent les documents de ce temps.
Dans le manuscrit n° 74 78 (du xv e siècle) de la Bibliothèqueroyale, se trouve un chapitre curieux ainsi intitulé <• Cij aprèss’cnsui/t les verlus et propriétés de feau-de-vie.
< Eau-de-vie vault à toutes maniérés de douleurs qui peuventvenir par froidure et par trop grande abondance de lluide.
“ Et la dite eau vault aux yculx qui larmoyent et pleurent sou-\ eut, et font grant douleur pour raison des larmes.—Elle vaultaussi à toutes personnes qui ont haleync puante et corrompue. —Elle vault contre hydropisie qui procédé et vient de froide chose;contre maladies qui sont incurables; contre places qui sont pour-ries et infectes; contre apostesme qui peut survenir à la main desdames ; contre morsures de bestes venimeuses, etc. »
Il serait trop long d'énumérer toutes les maladies contre les-quelles l’eau-de-vie était préconisée comme un remède souverain..Ses propriétés devaient éclipser celles de l’or potable. L esprit dis-tillé du vin avait la vertu de ra jeunir les vieillards et de prolongerla vie, de là son nom aijtta vitœ , eau-de-vie. Bref, cette liqueurne se vendait encore, au xv e siècle, que dans l'officine de l’apothi-caire; c’était, pour le répéter, un médicament, et non une boisson.
Tout le inonde désire vivre longtemps, même celui qui a l’air den’en rien vouloir. Est-il donc étonnant que les hommes qui en
(l) Ibid., lit), vu, p. 358. Verum millissccunda vinis, quie circa Lutetiam,tibi Parrbisii, babenlur.