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TROISIÈME ÉPOQUE.
pour vnc autre fois qu’il la list fondre, pour auoir le moyen defaire travailler en vain quelque Allemand qui passa à son abbaye,quand j’estois à Paris . »
Zecaire résolut d’aller demeurer à Paris , en emportant avec luihuit cents écus, bien décidé ou de tout perdre, ou de trouver lapierre philosophale.
« Paris est la ville aujourd'hui la plus fréquentée de diuers ope-rateurs en ceste science, que autre qui soit en Europe . J’v liiz ungmois durant presque incognéu de tous. Mais, après que j’eus com-mencé à fréquenter les artisans, comme orfebvres, fondeurs, vi-triers, faiseurs de fourneaulx et dix ers autres, il ne fust pas vnmovs passé que je n'eusse la cognoissance à plus de centoperateurs. »
Paris devait, ainsique l'on va le voir, fourmiller d’alchimistes.
« l.es ungs travailloyent aux teintures des métaulx par projec-tion; les aultres par cimentation, les aultres par dissolution, lesaultres par conjonction de l’essence, les aultres par longues décoc-tions, les aultres travaillaient à l’extraction du mercure des me-taulx , les aultres à la lixation d’iceulx. De sorte qu’il ne se passaitjour, mesmeinent les l'estes et dimanches, que ne nous assemblis-sions ou au logis de quelqu’ung (et fort souvent au mien), ou àNostre Dame la Grande, qui est l’église la plus fréquentée de Paris ,pour parlementer des besoignes qui s’estoyent passées aux joursprécédons ; l).
« Les ungs disoyent, si nous aidons le moyen pour y recom-mencer, nous ferions quelque chose de bon ; les aultres, si nostrevaisseau eust tenu , nous estions dedans; les aultres, si nouseussions eu nostre vaisseau de cuyvre, bien rond et bien fermé,nous aurions fixé le mercure auee la lune. Tellement qu’il n’y enauoit pas' ung qui list rien de bon et qui ne fust accompaigné d’ex-cuse, combien que pour cela je ne me hastasse gueres à leur pré-senter argent , sachant desia et cognoissant très bien les grandesdespences que j'auoys faict auparavant à crédit et sur l’assuranced aultruy. »
Cependant Zecaire ne tarda pas à faire connaissance avec unGrec qui passait pour un savant homme, et qui se disait possesseurdu secret de changer des clous de cinabre en argent.
(1) Voy. Hist. de la chimie, (. I, p. 31.