IIISTOIKE DE LA CHIMIE.
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Qu'il nous soit permis de nous étendre un peu sur l'analyse desœuvres de Boyle, qui concernent plus spécialement la science dontnous essayons de tracer l'histoire. Il y a tant de plaisir (plaisir sirare!) à lire les pensées et les observations d’un esprit élc\é qui,au-dessus des misérables intérêts d’amour-propre et d’ambition,laisse bien loin derrière lui cette vile tourbe de faux savants quifont de la science un marchepied !
L’auteur débute par exposer, dans un discours préliminaire ,les vues larges et philosophiques qui doivent présider à la directionde la science. Il rompt en visière avec les traditions spéculatives dupassé, et prépare à la chimie un bel avenir.
«Les chimistes se sont laissé jusqu’ici guider, dit-il, par desprincipes étroits et sans aucune portée élevée. La préparation desmédicaments, l'extraction ou la transmutation des métaux, voilàleur terrain. Quant à moi, j’ai essayé de partir d’un tout autrepoint de vue : j’ai considéré la chimie, non pas comme le feraituu médecin ou un alchimiste, mais comme un philosophe doit lefaire. J’ai tracé le plan d une philosophie chimique que je seraisheureux de voir complétée par mes expériences et mes observa-tions.
« Si les hommes avaient plus à cœur le progrès de la vraiescience que leur propre réputation, il serait aisé de leur faire com-prendre que le plus grand service qu’ils pourraient rendre aumonde, ce serait de mettre tous leurs soins à faire des expériences,à recueillir des observations, sans chercher à établir aucune théo-rie avaut d’avoir donné la solution de tous les phénomènes quipeuvent se présenter (t).«
Ce sont là de ces idées qui feraient honneur à nos hommesde sciences les plus distingués.
Le vœu le plus ardent de Boyle, ainsi qu’il l’avoue lui-même,était de répandre et de populariser l’emploi de la méthode expéri-mentale , « de laquelle seule on peut attendre le plus grand avance-ment d’une connaissance utile (2).»
Ce discours préliminaire est un chef-d’œuvre de logique qui neserait déplacé dans aucun traité de science.
(1) Preliminary Discourse, vol. I, p. xvii et xvin.
(2) Froiu which atone tlie greatest advancement of useful knowledge is to be«xpected. Vol. I, p. xu (Preliminary discourse).