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TROISIÈME KTOOfE.
Comme Paracelse et Yan-Helmont, Boyle reeonnait la nécessitéd’en appeler à la chimie pour décider des problèmes obscurs de lamédecine. « La connaissance, dit-il, de la nature des ferments etde la fermentation conduira probablement un jour à la solutionde bien des phénomènes pathologiques inexplicables par d’autresvoies (l). »
Cette idée, émise depuis par tous les grands chimistes, n’est re-poussée que par des médecins d’une intelligence bornée.
Théorie des éléments. — Les anciens chimistes avaient été di-visés en deux camps : les uns admettaient, avec les péripaléticiens,quatre éléments; les autres, trois, le mercure, le soufre, le sel.Presque tous les alchimistes étaient de cette dernière opinion.
Boyle éleva le premier, dans son traité remarquable The scepti-cal chymist, des doutes sérieux et sur la théorie des péripatéticiens,et sur celle des alchimistes. D’abord il conteste la nature élémen-taire de la terre, de Pair, de l’eau et du feu ; et il pense qu’il ne fautpas s’astreindre au nombre de trois, de quatre ou de cinq éléments,et qu’il arrivera peut-être un jour où l’on en découvrira un nombrebeaucoup plus considérable.
«Il est, dit-il, très-possible que tel corps composé renferme seu-lement deux éléments particuliers ; tel autre, trois ; tel autre, qua-tre, etc. ; de manière qu'il pourrait y avoir des substances qui secomposeraient chacune d’un nombre différent d’éléments. Bienplus, tel composé pourrait avoir des éléments tout différents, d’aprèsleur essence, de ceux d’un autre composé, comme il y a des motsqui ne renferment pas les mêmes lettres que d’autres mots ,2). »
La prophétie de Boyle s’est accomplie ; on compte aujourd’huini plus ni moins que cinquante-cinq corps simples, et il y a en effetdes composés dont les éléments diffèrent de ceux de tel autre com-posé. Les anciennes théories, d’après lesquelles tout corps de lanature se compose de terre, d’air, d’eau, de fer ou de mercure, desoufre, de sel, étaient rudement attaqués par Boyle : il les sapapar leurs bases.
«Je voudrais bien, dit-il, savoir comment on parviendrait à dé-composer l'or en soufre, en mercure et en sel; je m’engagerais à pa\ er
(1) Usefulness of philosophy, vol. I, p. 3t.
(2) Ttie sccptical chymist, vol. III, p. 295.