TROISIÈME ÉPOQUE. 183
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huiles essentielles, les alcalis, etc. En poursuivant l’étude de cesdifférentes réactions, il avait vu l'hydrogène phosphore spontané-ment inflammable à l'air i . Il avait préparé, avec le phosphoreet les fleurs de soufre, un mélange explosible par des chocs lé-gers (2).
Ce phosphore était préparé avec de l'urine humaine putréfiée,évaporée jusqu’à consistance d'extrait, et soumise à la distillationavec trois fois son poids de sable blanc très-fin. Ces deux matières,intimement mélangées, étaient introduites dans une forte cornue, àlaquelle était joint un grand récipient en partie rempli d’eau. Aprèsavoir soigneusement luté les jointures de l’appareil, l’auteur appli-quait graduellement un feu nu pendant cinq ou six heures, afin dechasser d'abord tout le phlegme (eau). Après cela, le feu était aug-menté, et poussé, pendant cinq ou six heures, à un degré très-in-tense. Par ce moyen il se produisait des vapeurs blanches, abon-dantes, semblables à celles qui se forment pendant la distillationde l'huile de vitriol ; enfin, la chaleur étant excessivement forte,il passait dans le récipient une substance assez dense, qui se rassem-blait, sous forme solide, au fond du récipient.
Voilà comment Boyle rend compte du procédé qu’il avait em-ployé pour préparer le phosphore. Comme il est le premier qui ailfait connaître publiquement la préparation de ce corps, à l’aided’un procédé que personne ne lui avait appris, on pourrait, avecjustice, réclamer pour lui l’honneur de la découverte du phos-phore.
I.a substance qu'il appelle phosphore aerien était l’hydrogènebicarboné. Il l’obtenait en traitant l'esprit-de-vin rectifié avec del’esprit de nitre : « 11 se produit un air qui s'enflamme à l’approched’une bougie, et continue à brûler de lui-même jusqu’à ce quel’effervescence du liquide vienne à cesser (3). »
Le nom de Boyle est resté attaché au sulfhydrate d’ammoniaque(liqueurfumante de Boyle)'. Ce sel était préparé en soumettant àla distillation un mélange intime de soufre, de chaux vive et de selammoniac pulvérisés. « On chauffe d’abord lentement sur un bain
(1) Artiiicial phosphori, vol. III, p. 200.
(2) Ibid., p. 203.
(3) Ibid., p. 210.